Grambois

Poésies primées lors du concours 2011

Pour lire les différents poèmes primés dans les catégories CM2, collège et adultes, vous pouvez ouvrir le fichier joint.

Nominés au concours de poésie

Soirée lecture du 7 janvier 2011

                                             

                                                 COMPTE RENDU DE LA REUNION DU CLUB DU LIVRE DU 7 JANVIER 2011

 

                                                    

Sont excusées : Marie- Antoinette, Edmée, Michelle, Yvonne, Jean-Claude.

Une nouvelle amie lectrice, Nanou Guillon, participe pour à notre réunion présidée par Corinne.

Chantal et Pierre nous accueillent chaleureusement chez eux.

Le débat au sujet d’une journée poésie suscite beaucoup de réactions, certaines favorables, d’autres non.

     Philippe se propose d’élaborer un projet en démarchant les écoles et collèges de La Tour, de Vaugines et Cabrières, de La Bastide des Jourdans. Il  demande de l’aide pour ces prospections.Comme l’an passé, le concours serait ouvert aux adultes. Le thème de la nature a été suggéré par Philippe     et  Michèle nous a trouvé un bel intitulé « Poésie sous le Chêne ». Philippe pense que le Samedi 25 juin -avant le début des vacances- peut être plus favorable pour motiver et rassembler plus de participants.Robert pense qu’on pourrait d’abord essayer de « réveiller » Grambois en instaurant une sorte de petite    publication sur la poésie et la littérature pour sensibiliser tous les Gramboisiens. Corinne relève que l’organisation pesante d’une telle manifestation ne peut être assumée par seulement 3 ou 4 personnes : il faudrait que tout le club participe. La polémique fait rage pendant quelques instants et nous restons sur les propositions de Philippe qui va avancer le projet avant que le club prenne la décision de cette manifestation.

Wendy a présenté La Maison de la Mosquée de Kader Adbolah traduit du néerlandais et paru chez Gallimard en 2008  475p  23€50

 

 

    L’auteur Kader Abdolah est Iranien. En 1988, pendant la révolution, il a obtenu l’asile politique aux Pays-Bas. Auteur néerlandais, sa langue   d’adoption, il jouit d’une grande popularité aux Pays-Bas et tient notamment une chronique dans le quotidien « De Volkrant » qui correspond au «   Monde ». Ceci est son 4ème livre. Il a d’abord publié 2 livres en persan et a travaillé comme journaliste dans un journal d’opposition en Iran.

L’histoire : vaste demeure séculaire attenante à la mosquée de la ville, la maison des « cousins, Aga Dan, le riche marchand de tapis et chef du bazar, Alsabéri, l’imam, et Aga Shodja, le muezzin, symbolise l’harmonie de la société persane reposant sur un islam modéré et sur une socle de mythes et de récits millénaires empreints de sagesse. Mais lorsque l’Iran se transforme en un guêpier de valeurs américaines, intégristes et communistes, la maison est bientôt gagnée par ce désordre nouveau. En effet, tout change quand, à la mort d’Alsabéri, son gendre Galgal occupe la charge d’imam vacante. Adoptant aussitôt une attitude arrogante, il enferme sa femme, propage un islam intolérant et poussent les fidèles de la mosquée à faire sauter le cinéma de la ville qui doit être inauguré par l’épouse du Shah. Puis il devient le bras droit de Khomeyni et contribue à l’implantation du nouveau régime à grand renforts d’exécutions. S’il condamne les dérives du fanatisme, ce roman sur les errements de l’Iran au XXème siècle ne néglige aucune des multiples facettes de ce pays, et, à travers d’innombrables personnages, témoigne tout autant d’une société attachée à son histoire, à sa culture, à un islam modéré et sage, une société vivante et moderne. Ceci est une grande fresque romanesque à la fois politique et d’une force poétique indéniable.

Le témoignage de Wendy : « Pendant mes études à l’école de journalisme, entre 1976 et 1979, j’avais comme voisin de cours, un jeune Iranien, Aga Etamaad, dont le père était ambassadeur de Perse à La Haye. L’Iran lui manquait beaucoup ; il m’a souvent raconté son pays si beau et la liberté accordée aux femmes. Sa famille n’était pas très religieuse. Je lui posais toujours la même question : « et la police secrète du Shah ? Et que se passe-t-il dans les campagnes ? Pourquoi Farah Diba n’est-elle populaire que dans les grandes villes ? ». Il ne pouvait pas me donner la bonne réponse car sa famille était naturellement très privilégiée dans le milieu diplomatique. Il me disait que j’avais une mauvaise idée du Coran dont la poésie est remarquable. A la lecture de ce livre, j’ai peu à peu compris ce que Aga voulait dire d’autant que le roman est basé sur des évènements historiques. L’auteur nous raconte en effet simplement la vie d’une famille avant et pendant la révolution. Pour moi, tout était enfin en place. Car après la chute du shah en 1979, Khomeyni a rappelé tous les ambassadeurs à Téhéran. Aga et sa famille ont obéi, malgré l’avis du gouvernement hollandais et on n’en a plus parlé… Le Corps Diplomatique Hollandais a essayé de retrouver la trace de la famille de mon ami pour leur accorder l’asile politique mais sans résultat, ils ont été exécutés. Maintenant je comprends ce qui s’est passé. Le père travaillait pour le Shah et la famille était connue pour n’être pas très religieuse. Les têtes sont donc tombées, comme toutes les autres, sans procès. »

Mireille nous présente un livre de philosophie Que suis-je et si je suis, combien ? Voyage en philosophie de Richard David Precht traduit de l’ allemand chez Belfond 2010  21€50

  

 

    Un livre phénomène, vendu à plus d’un million d’ex. en Allemagne. A la fois drôle et érudite, divertissante et cultivée, une extraordinaire initiation à la philosophie, ou comment un jeune et brillant philosophe allemand dépoussière les classiques. De Descartes à Freud en passant par Star Trek et les Monty Python, jamais vous n’auriez imaginé si réjouissante approche de la philosophie.

Inspiré des trois questions kantiennes (que puis-je savoir ? que dois-je faire ? que m’est-il permis d’espérer ?), cet essai est une invitation à réfléchir par soi-même en revisitant les notions fondamentales que sont la vérité, la connaissance, la mémoire, la religion, la justice ou le bonheur. Mêlant les disciplines, ajoutant anecdotes personnelles et références inattendues, l’auteur nous guide avec esprit à travers le continent du savoir, à la découverte de nous-mêmes. Chemin faisant, il convoque aussi bien Nietzsche, Schopenhauer ou Darwin que Louis Armstrong, nous entraîne dans les îles grecques pour évoquer Socrate, cite les Beatles pour parler d’anthropologie ou Tolstoï pour nous initier au sens de la vie. Un voyage aussi enrichissant qu’amusant.

Mireille a lu aussi La carte ou le territoire de Michel Houellebecq chez Flammarion Goncourt  2010  22€

 

 

  

   Le livre est divisé en trois parties

1ère partie : Elle tourne essentiellement autour de l’exposition de Ted Martin à partir de photographies de cartes Michelin -qui lui semblent plus parlantes que les photos qu’il avait prises des mêmes sites- et de ses amours avec Olga, belle Russe travaillant pour Michelin. Celle-ci disparaît du paysage en partant pour Moscou en cette fin de 1ère partie.

2ème partie : Ted décide de faire une nouvelle exposition. Cette fois-ci il s’agit de peinture. Ted représente des personnages dans l’exercice de leur métier. La « Série des métiers » va rendre Ted très riche. L’exposition est parrainée par …Michel Houellebecq et cette partie est essentiellement consacrée aux rapports entre Ted et Michel Houellebecq.

3ème partie : C’est peut-être la plus intéressante ; elle relate la mort du père de Ted qui décide de se faire euthanasier et l’assassinat de Michel Houellebecq. La tête de MH et la tête de son chien sont déposées sur des meubles et des lambeaux de chair et des morceaux d’os déposés autour forment un décor sinistre. Ted va être interrogé par la police et donne 2 indices : la disposition du corps fait penser au peintre Jackson Pollock et le tableau que Ted a offert à M.H. écrivain cote 90 000€ a disparu. Le meurtre sera finalement élucidé par hasard.

Le livre se lit facilement mais dixit Mireille, « je ne comprends pas son intérêt. » Dès la page 23, M.H. parle déjà de lui et les 2 dernières parties lui ont presque entièrement consacrées. Le roman est persillé de réflexions « vaches » sur des gens connus et plus étrange, il y a des digressions techniques sur les mouches notamment…

Mireille demande la controverse et nous attendons d’autres commentaires.

Philippe revient sur Sœur Emmanuelle Confessions d’une religieuse chez Flammarion 2008 414p 20€

 

 

   Avant-propos : « A l’heure où ces lignes seront publiées, j’aurai trouvé en Dieu une nouvelle naissance », écrivait Sœur Emmanuelle avant de quitter ce monde. Pendant près de 20 ans, Sœur Emmanuelle a rédigé un livre de mémoires, sur lequel elle travailla inlassablement, le reprenant, le corrigeant, l’amendant, afin qu’il exprime le plus exactement sa pensée, et ce jusqu’aux derniers mois de son existence.

« Les Confessions d’une religieuse » sont le livre le plus important qu’elle ait écrit : le premier, car elle l’a débuté avant tous les autres, alors même qu’elle était encore en Egypte ; et aussi le dernier parce qu’elle l’a voulu posthume, afin de dire des choses qu’elle n’avait jamais dites auparavant, par pudeur naturellement, mais aussi par souci de rester libre.

Biographie : (16 nov. 1908 – 20 oct. 2008) Femme de cœur et d’action, Madeleine Cinquin, dite Sœur Emmanuelle, s’est fait connaître en s’installant au Caire pour s’occuper de chiffonniers d’un bidonville. A 20 ans, la jeune Belge décide de rentrer au couvent et prononce ses vœux trois ans plus tard dans la congrégation de Notre-Dame-de-Sion. Son dévouement insatiable l’amène à devenir professeur de lettres et de philosophie en Egypte, Turquie et Tunisie. C’est en 1971, à l’âge de la retraire, qu’elle arrive enfin à réaliser son vœu le plus cher : partager la vie des exclus. Elle œuvre sans répit dans la misère quotidienne jusqu’à fonder, alors qu’elle a 74 ans, une association baptisée « Association Sœur Emmanuelle » (ASMAE) pour professionnaliser ses actions et assurer sa relève. Celle-ci aide aujourd’hui plus de 60.000 enfants du monde entier. Par sa générosité et sa tolérance, Sœur Emmanuelle sait remporter le soutien de nombreuses personnalités. Elle n’a jamais hésité à médiatiser ses révoltes à la télévision, même si son franc-parler dérange quelquefois. Elle n’imaginait pas vivre la chrétienté autrement que dans l’action.

Du même auteur :

- Chiffonnière avec les chiffonniers, Les éditons ouvrières, 1977.

- La Foi des chiffonniers, Le Livre ouvert, Mesnil-Saint-Loup, 1988.

- Le Paradis, c’est les autres, entretiens avec Marlène Tuininga, Flammarion, 1995.

- Jésus tel que je le connais, en collaboration avec Marlène Tuininga, Desclée de Brouwer-Flammarion, 1996.

- Yalla, en avant les jeunes !, en collaboration avec Françoise Huart, Calmann-Lévy, 1997.

- Richesse de la pauvreté, en collaboration avec Philippe Asso, Flammarion, 2001.

- Vivre, à quoi ça sert ?, en collaboration avec Philippe Asso, Flammarion, 2004.

Le livre :

Le livre relate plusieurs cheminements. Tout d’abord, c’est le cheminement d’une étudiante qu’elle prolonge jusqu’à la cinquantaine, elle obtient progressivement, quand elle le peut, de nombreux diplômes et licences en tous genres (latin, grec, lettres, philosophie,…) qui en font une femme très cultivée. Elle avoue une attirance toute particulière pour Pascal et notamment ses Pensées. C’est aussi, par conséquent, une vie d’enseignante qu’elle oriente vers la compassion, la réflexion sur les inégalités, etc.

C’est un cheminement au gré de rencontres d’hommes et de femmes religieux, mais aussi de laïcs, qui l’ont enrichie et ont nourri ses réflexions et déterminé ses choix.

En parallèle, le cheminement d’une religieuse en quête de Dieu. Un besoin de dénuement, une démarche d’humilité et de partage avec les plus pauvres pour pouvoir atteindre ce plus grand Amour.

C’est aussi un chemin de lutte, c’était une femme toute de feu, brûlant parfois tout sur son passage, avec une détermination inébranlable vers le but qu’elle avait décidé d’atteindre. Il faut inévitablement parler du bidonville du Caire vivant sur un immense tas d’ordures que la population exploite afin de survivre. Elle va amener grâce à des efforts inimaginables et une ténacité étonnante pendant plusieurs années, la recherche de financement (qu’elle avoue être la partie presque la plus facile) et en partageant la vie de ces pauvres à la construction d’une usine de compostage, à la scolarisation des enfants, à l’hygiène et à l’accès aux soins de santé, à l’émancipation des femmes en leur trouvant un travail, à la lutte contre la violence, l’alcoolisme, la prostitution et finalement à la dignité de ces personnes. C’est une aventure incroyable : « L’humanité monte en cordée. Celui qui est découragé, ne s’immobilise pourtant pas mais s’efforce d’avancer, tire et aide à monter bien d’autres avec lui ».

Mais ce qui m’a le plus touché, c’est le cheminement avant tout d’un être humain, une femme, avec de nombreux défauts, qu’elle confesse en toute simplicité et c’est un formidable message d’espoir pour tous : « J’étais obnubilée par le combat acharné contre mes défauts et comptais souvent sur mes propres efforts. Ce combat était dès lors perdu d’avance : on ne change pas de peau ! Je devais moins m’attarder sur moi-même pour me regarder, mais me raccrocher davantage à la miséricorde infinie de Dieu qui m’aime telle que je suis et me transforme dans cette relation d’amour. En un mot, compter sur Dieu et non sur moi » _ « Sentir n’est jamais mauvais, ma petite sœur, c’est consentir qui l’est » _ « Pour m’éviter tout orgueil, il m’a été mis une écharde dans ma chair… Trois fois, j’ai prié le Seigneur de l’écarter, mais il m’a déclaré : ma grâce te suffit, ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. Je reste en effet persuadée que ce qu’on nomme « les péchés de chair » sont les moins graves aux yeux de Dieu » _ « Je veux, une dernière fois, confesser la foi en l’homme et la foi en Dieu qui ont soulevé toute ma vie. ».

C’est un livre facile à lire. J’ai été profondément touché par les premiers chapitres qui racontent sa vie d’enfant, d’adolescente, sa vie de religieuse, jusqu’au partage de sa vie avec les chiffonniers du Caire. Ce sont, pour moi, des réflexions humaines de doute, de choix, de parcours personnel, du besoin de donner un sens à sa vie, de partage, d’humilité,… Des réflexions qui peuvent être déconnectées de la religion et qui peuvent donc résonner en chacun d’entre nous et surtout que la quête du bien-être (le plus grand Amour) s’obtient par l’effort, le travail sur soi, le détournement de soi vers les autres, le don plus que l’envie, en un mot un formidable message d’espoir pour l’humanité.

Michèle nous présente L’origine de la violence de Fabrice Imbert Prix Orange 2009 Prix Renaudot Poche 2010 343p 6€95

 

 

  

   L'histoire : Lors d’un voyage scolaire en Allemagne, un jeune professeur découvre au camp de concentration de Buchenwald la photographie d’un détenu dont la ressemblance avec son propre père, Adrien, le stupéfie et ne cesse de l’obséder. Ce prisonnier David Wagner, est en fait son véritable grand-père. Peu à peu se met en place l’autre famille, la branche cassée, celle dont personne chez les Fabre n’évoque l’existence… Au cours de sa quête, le jeune homme comprend qu’en remontant à l’origine de la violence, c’est sa propre violence qu’on finit par rencontrer…Et c’est le destin croisé de ces deux familles, deux générations plus tôt, que l’auteur découvre au fur et à mesure que se poursuit son enquête. Lorsque l’ambitieux David Wagner rencontre le riche Marcel Fabre et sa femme Virginie, il tombe amoureux de Virginie et scelle à jamais son destin. L’auteur apprend par son grand-père Fabre, les terribles conséquences que la liaison entre David et Virginie entraîna, outre la naissance d’un « bâtard » -Adrien-, David sera déporté sur dénonciation du beau-père de Virginie, en 1941, bien avant les rafles de 42, histoire de se débarrasser d’un juif qui prétend déshonorer les Fabre, une famille de riches notables. Au cours de sa quête à travers la France et l’Allemagne, dans la nouvelle vie qu’il tâche d’inventer avec une Allemande qu’il vient de rencontrer, le jeune homme se rend compte qu’on ne se débarrasse pas si facilement du passé – ni du sien, ni de celui de sa famille.

Un livre salué par la critique mais écrit dans un style inégal, parfois tellement banal qu’il en devient navrant, malgré ses ambitions.

Isabelle a lu La voleuse de livres de Markus Zusak auteur Australien traduit de l’anglais paru chez Ed.OH !2007 19€90 528p

 

  

   Quand la mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l’écouter. Une histoire émouvante où il est question « d’une fillette, de mots, d’un accordéoniste, d’Allemands fanatiques, d’un boxeur juif, et d’un certain nombre de vols». Une histoire racontée par un personnage peu commun : la Mort. Une narratrice dotée d’un humour noir, sarcastique, mais compatissante aussi. Témoin de la folie des hommes, tout lui semble perdu d’avance, sauf quand se distinguent des Allemands qui n’obéissent pas aux règles et des enfants rebelles.

L’histoire : Allemagne, 1939. La Mort est déjà à l’œuvre. Liesel Meminger et son jeune frère sont envoyés par leur mère dans une famille d’adoption, à l’abri, en dehors de Munich : le père de Liesel, communiste,  a été emprisonné, et Liesel a vu la peur d’un destin semblable se dessiner dans les yeux de sa mère. Sur la route, la Mort rôde autour des enfants, réussit à s’emparer du petit garçon mais c’est la petite fille qu’elle veut. Ce sera la première d’une longue série d’approches. Durant l’enterrement de son petit frère, Liesel ramasse un objet singulier pour elle quine sait pas lire, un livre, « Le Manuel du Fossoyeur », dont elle pressent qu’il sera son bien le plus précieux, peut-être sa protection. Commence alors entre elle et les mots une étrange histoire d’amour. Poussée par un incoercible besoin de comprendre ce qui se passe autour d’elle, Liesel, avec l’aide de Hans, son père adoptif, décide d’apprendre à lire. A mesure que l’histoire avance, la Mort s’empare de nombreuses vies mais Liesel et ses livres continuent à lui échapper.

L’auteur : Markus Zusak, 30 ans, est l’auteur de plusieurs livres, tous primés. The Guardian écrit « Déconcertant, intriguant, triomphant et tragique, c’est un roman à vous couper le souffle. »

Isabelle présente également Bouquiner de Annie François au Seuil 2000 198p 13€50

 

  

    Dis-moi comment tu lis, je te dirai qui tu es. Tel est le petit jeu, apparemment anodin, auquel se livre Anne François. Car le plaisir de lire est un plaisir sensuel autant qu’intellectuel. Des simples habitudes de lecture aux tics dans lesquels chacun se reconnaîtra, le bonheur de « bouquiner » est magnifiquement mis en lumière par une bibliovore passionnée, espiègle et tendre. Cette « autobibliographie » a été écrite par une auteure, « sans diplômes, sans titres, sans tambour ni trompette, » qui a passé trente années de sa vie professionnelle à lire dans diverses maisons d’édition. Une passion du livre qu’elle nous donne à partager, dans un présent éternel alors qu’elle nous a quittés en juin 2009. Annie François lit au lit, dans le métro, en marchant, seule à une table de restaurant, partout, sans cesse. Pour son travail, elle corrige, retranche, annote. Pour son plaisir, elle accumule, prête, emprunte, entasse, fait des piles, les renverse, pioche sans ordre ou lit l’intégrale d’un auteur aimé ou découvert par hasard, « un butinage effréné, entrecoupé de périodes monomaniaques ».

Le bouquin est au centre de ce volume extraordinaire, mais aussi ses rituels de lecture et de rangement, de prêt et de dons, le livre qui accompagne la vie professionnelle et les vacances. L’auteure dit comment elle offre des livres, avoue sa peur d’entrer dans une librairie, à la mesure du danger et de l’envie : « je n’y vais que lorsque j’ai un livre en tête. Même dans ce cas, je ressors avec au moins 3 livres. Sinon, comme le boulimique évite la devanture des pâtisseries, je me détourne de la vitrine des librairies pour éviter des fringales d’entraînement, les achats compulsifs qui ne feraient qu’augmenter l’immense pile d’attente qui vacille près du lit. »

Bouquiner est un livre magique, stimulant, un de ces bouquin avec lequel on fait corps, dans lequel on se reconnaît trop bien, que l’on aime lire et relire, offrir, recommander.

Question d’Arlette : quelqu’un parmi nous a-t-il (elle) lu Pourquoi lire ? l’essai de Charles Dantzig ? Il serait amusant de faire la comparaison entre les deux ouvrages. Dantzig procède par élimination, en soumettant la lecture à la question. Lit-on pour soi, pour les titres, pour le vice, ou pour la jouissance ?...Par amour, par haine (« celle des écrivains jaloux de leurs confrères et des critiques jaloux de tout le monde ») ? En avion, à la plage, à voix haute ?... Je ne saurais aller plus loin, car n’ayant lu ni l’un ni l’autre, je ne peux émettre une opinion. Peut-être qu’Isabelle fera un compte rendu du bouquin de Dantzig une prochaine fois.

Isabelle, la dévoreuse, nous présente sa 3ème lecture du mois La Terre des Mensonges de Anne B. Ragde Balland traduit du Norvégien 2009 370p 22€90

 

 

     L’histoire : après la mort de leur mère, trois frères que tout sépare se retrouvent dans la ferme familiale. Tor, l’ainé, se consacre à l’élevage de porcs, Margido dirige une entreprise de pompes funèbres et Erlend est décorateur de vitrines à Copenhague. Les retrouvailles s’annoncent mouvementées : la tension atteint son paroxysme lorsque la question de l’héritage amène le père de famille à révéler un terrible secret.

Ce roman est le premier d’une trilogie : le décor est planté, les portraits psychologiques des 3 frères sont passionnants. Toutefois, en réalité, à part la mort de la mère et les retrouvailles des garçons, il ne se passe rien de particulier dans ce roman ! C’est là le tour de force de l’auteure.

Le style : elle a su captiver le lecteur par son style, sa manière de décrire les situations, son sens du détail (mais pas trop), son sens du suspens aussi. Par une subtilité d’écriture dans les passages d’un personnage à un autre, l’auteur multiplie les points de vue et il faut parfois quelques secondes pour déterminer si le IL dont il est question est Margido, Erlend ou Tor

Voici un livre dans lequel vous trouverez :

Des cochons, beaucoup de cochons !

Un croque mort qui rêve de sauna,

Une licorne de verre,

Une moitié de dentier perdu,

Des peupliers témoins d’une époque,

Une jeune fille dont le cœur bat la chamade avant un rendez-vous amoureux,

Et beaucoup d’autres choses encore qui font de cette histoire un roman plein de charme et de tendresse.

La trilogie se poursuit par La ferme des Neshov et L’héritage impossible . A suivre donc cette auteure norvégienne traduite dans 15 langues, primée en Norvège, adaptée au théâtre et à l’écran.

Corinne nous dévoile son premier coup de cœur L’Italie si j’y suis de Philippe Fusaro La fosse aux ours 2010 174p 16

 

 

   L’histoire : Partir, fuir, réapprendre à vivre, loin. Une seule destination possible : l’Italie, le pays qui lui coule dans les veines sans savoir pourquoi. C’est l’été –il déteste l’été-, Sandro quitte sa femme et la France, part à l’aventure à bord d’une Alfa Romeo Guilietta Spider. Il se bâtit un personnage de fiction, chaussures blanches à la Bryan Ferry, lunettes noires à la Marcello Mastroianni. Il chante l’Italie de Christophe, pleure sur Lou Reed, songe à Ingrid Bergman et Monica Vitti, avale le temps et les kilomètres, dévore l’Italie toute entière, du cappuccino aux films de Rossellini, dont le mythique Voyage en Italie.

Du Nord au sud, de Turin à Palerme, il se défait de ses souvenirs douloureux. Perdu dans des villes dont les noms résonnent comme des poèmes ou des séquences de cinéma, Sandro admet son impuissance, met en sourdine ses échecs. L’Itaie, cette croqueuse d’histoires tristes, devient remède à l’amour. Son fils, Marino, qu’il a embarqué dans ce périple, le rappelle au monde, lui donne des leçons de tendresse. Comme le père, le gamin s’est construit un personnage de fiction, panoplie de chercheur d’étoiles, tenue incongrue de cosmonaute à le Youri Gagarine. Père et fils sont dans le même bateau, une solitude amère. Ils font route vers le Stromboli, son volcan furieux, ses plages noires, ses cendres d’où, parfois, renaissent des espoirs…

L’auteur : Fils d’immigrés des Pouilles, Philippe Fusaro a, comme son héros, l’Italie dans le sang. Il déjoue ici tous les clichés, ceux du roman d’amour, de la road-story, de la dolce vita. Il oscille avec un bel humour entre mélancolie et sensualité, rock et ciné, tubes et images, au fil d’un roman qui est comme une sérénade, une déclaration d’amour, à l’Italie.

Corinne présente son autre coup de cœur Sur les chemins de Ste Victoire de Jacqueline de Romilly Ed de Fallois 2002 188p 20€

 

 

   Jacqueline de Romilly habitait Le Tholonet et de sa maison elle avait une vue privilégiée de la Ste Victoire. Elle a l’art de nous faire partager sa passion. Les collines sont sur son domaine et elle dit « Je ne suis heureuse que là, et par elles ». Elle les connait par cœur tous ces chemins car elle les a arpentés au fil des années et elle en sait tout. Ayant perdu la vue mais toujours pleine de sa Montagne, elle a conservé un optimisme intact qui est une leçon : « La solitude, on peut aussi l’appeler liberté, il faut seulement, comme pour la liberté en général, savoir la vivre ou en vivre. »

Décédée le 18 décembre 2010 elle disait d’elle-même ne pas avoir eu la vie qu’elle souhaitait :

« Avoir été juive sous l’Occupation, finir seule, presque qu’aveugle, sans enfants et sans famille, est-ce vraiment sensationnel ? Mais ma vie de professeur a été, d’un bout à l’autre, celle que je souhaitais. »

Annie a aimé Terre des oublis de Duong Thu Huong traduit du vietnamien Sabine Wespieser 2006 29€  794p

 

 

    L’histoire : Alors qu’elle rentre d’une journée en forêt, Miên, une jeune femme du Hameau de la Montagne, situé en plein cœur du vietnam, se heurte un attroupement : l’homme qu’elle avait épousé 14 ans auparavant, dont la mort comme héros et martyr avait été annoncée depuis longtemps déjà, est revenu. Miên est remariée à un riche propriétaire terrien, Hoan, qu’elle aime et avec qui elle a un enfant. Bôn, le vétéran communiste, réclame sa femme. Sous la pression de la communauté, Miên, convaincue que là est son devoir, se résout à aller vivre avec son premier mari.

Ce livre est un hymne à la liberté, mais également un pamphlet violent contre la guerre, qu’elle soit passée ou à venir. Au début, il est difficile de s’immerger dans une culture complètement inconnue où le devoir se place devant la liberté et le choix. Si vous êtes femme, vous vous insurgez contre la tradition imposée par la communauté et vous vous révoltez en lieu et place de Miên qui, elle, se soumet. Elle tente désespérément de se réhabituer à un homme épousé très jeune, physiquement détruit par des années de combats et d’errance dans la jungle, mû par une seule obsession, engendrer un fils. La jeune femme, nuit après nuit, vit un calvaire. Elle ne peut pas oublier Hoan qui, résigné, a fui vers la ville où, malgré ses succès commerciaux, vit un enfer. Puis vous vous attachez à la vie de ce petit hameau ; mais la description bucolique laisse place à la guerre qui explose dans l’esprit des survivants comme Bôn, devenu égoïste et malade, pitoyable et pauvre. Comme antithèse, l’auteure crée le personnage de Hoan, trop gentil, trop poli, trop parfait qu’il en est presque irréel. Miên est belle, fière et peureuse, pathétique, perdue entre les traditions et l’amour. Et puis il y a l’héritage, l’enfant… Personne n’est parfait, la guerre n’a pas son pareil pour gâcher des vies.

Plongeant dans le passé de ces trois innocentes victimes, éclairant leurs destinées individuelles par l’évocation d’une société pétrie de principes moraux et politiques, convoquant leur quotidien dans une somptueuse description de sons, d’odeurs, et de couleurs, Duong Thu Huong donne véritablement corps à son pays.

Terre des oublis, grand roman de l’après-guerre du Vietnam, est un livre magistral. A lire absolument sans craindre l’indigestion d’un pavé de 800 pages.

L’auteure : Duong Thu Huong est née en 1947 au Vietnam. Militante, elle n’a cessé de défendre vigoureusement ses engagements démocratiques, au point d’être exclue du parti communiste en 1990, avant d’être arrêtée et emprisonnée sans procès. Aujourd’hui, elle vit en résidence surveillée à Hanoï. Son œuvre est publiée dans le monde entier : Terre des oublis est son 6ème livre publié en français.

Chantal nous présente Black Gloves Sur les traces d’Ulysse de Lucien Vassal Tacussel 2010 230p 14€

 

 

 

    Ce polar met en scène un archéologue, spécialiste de la Grèce Antique, devant remettre une pièce rare au Musée National d’Olympie et une mystérieuse jeune femme, Maria, au cours d’une croisière en Méditerranée « Sur les pas d’Ulysse ».

Chacune des étapes du voyage nous renvoie à l’errance d’Ulysse mais aussi aux errances de Maria, aux interrogations qu’elle suscite. La clé de l’énigme sera découverte à la fin du périple, à l’arrivée à Marseille.

Un moment de détente, sans plus.

Après le compte rendu touffu, et j’espère exhaustif, de cette soirée lecture, je ne me souviens plus si j’ai moi-même présenté un livre !!!!!!!!!!

 

Bref, nous avons terminé notre réunion en trinquant au Champagne autour de galettes, toutes meilleures les unes que les autres, dans la bonne humeur et le plaisir d’avoir partagé de bons moments de lecture.

Merci encore à Chantal et Pierre pour leur hospitalité.

Prêts de livres (je n’ai pas suivi tous les échanges) : un conseil, faites vous-mêmes les fiches de vos livres.

Isabelle : Terre des oublis (Arlette) ; Sœur Emmanuelle (Mireille)

Annie : Purge (Corinne)

Arlette : L’origine de la violence (Michèle)

Michèle : Bouquiner (Isabelle)

Je rappelle : Yvonne Le mec de la tombe d’à côté (Maryline) à mettre dans ma boîte aux lettres si tune viens pas à la prochaine réunion. Merci.

Prochaine réunion Vendredi 4 février à 18H30 chez Edmée qui apprécierait vivement de connaître le nombre de participants.

A vendredi

Toutes mes amitiés

Arlette

Soirée/lectures de Juillet 2010

COMPTE RENDU DE LA REUNION DU CLUB DU LIVRE DU 2 JUILLET 2010

 

 L’ordre du jour a d’abord été consacré à La Journée du Livre. Les différentes tâches ont été distribuées . Ainsi les 2 Arbres à Mots seront disposés l’un à l’Accueil de l’APLC, l’autre devant la maison de Marie-Antoinette. Tout le monde a écrit les dictons, les maximes, les proverbes, la plupart sur les femmes. Edmée nous a lu des dictons provençaux qu’elle a traduit.

La distribution des affiches et des programmes sera organisée par Henri avec la participation de volontaires qui se répartiront les secteurs.

La balade de poneys pour les enfants sera organisée par Chantal.

Les repas des exposants seront préparés par un traiteur d’Ansouis trouvé par Chantal. Le Café Dol préparera des assiettes pour les visiteurs si possible…

 

Marie-Antoinette Vayssettes présente son coup-de-cœur

 

 

 

 

 

 

Le Silence des Livres

De Georges Steiner Diffusion Seuil 13 euros traduit et paru dans larevue Esprit en 2005

Suivi de « Ce vice impuni » de M.Crépu

Voici une remarquable diatribe sur l’avenir du livre, la lecture fruit de l’écriture demeure irremplaçable. Le CD, le portable, les SMS, les e-mails ne remplaceront jamais l’émotion, la réflexion suscitées par la présence en main d’un livre lu en silence pénétrant l’esprit, le cœur, éveillant la conscience. Ne nous laissons pas dévorer par la société du spectacle (G.Debord).

Antigone vit toujours dans le cœur des rebelles, le petit Marcel, à la Recherche, au fond de son jardin lit, salue sa famille et retourne à son livre. Son œuvre « A la recherche du Temps perdu » prend aujourd’hui toute sa valeur. Les manuscrits de la Mer Morte à Qumrân nous livrent des textes de 700 ans avant Jésus-Christ du prophète Isaïe qui ont préfacé la Torah. Catulle, ce poète latin (87 av JC) demandait : « Cui domo lepidumnovum libellum ? » (Le don d’un nouveau livre est-il léger ?)

Georges Steiner souligne la permanence sans cesse menacée et la fragilité de l’écrit en s’intéressant paradoxalement à eux qui ont voulu -ou veulent- la fin du livre. Son éblouissante approhe de la lecture va de pair ici avec une critique radicale des nouvelles formes d’illusion, d’intolérance et de barbarie produies au sein d’une société dite éclairée.

Cette fragilité, répond Michel Crépu, ne renvoie-t-elle pas à un sens intime de la finitude que nous apprend pécisément l’expérience de la lecture ? Cette si étrange et douce tristesse qui est au fond de tous les livres comme une lumière d’ombre.

Notre époque est en train de l’oublier. Jamais les vrais livres n’ont été aussi silencieux

 

 

Geneviève Chaignot nous a présenté

 

 

 

 

 

 

                      Allegra de Françoise Mallet-Joris Grasset 1976

 

Allegra raconte l’histoire d’une famille sous la domination des femmes d’origine corse et qui sont des mères. Allegra Santoni- la grand’mère qui tente de mener la famille dans la bonne voie ; Vanessa sa fille, épouse d’un médecin et mère à son tour de 3 filles : Paule, Josée et Allegra. Cette dernière, esthéticienne chez sa sœur ainée Paule, mariée récemment donne tout son amour à un enfant muet et arriéré, né d’un inceste, nommé Rachid. Son mari devient jaloux de ces 2 êtres qui s’entendent si bien. Enceinte, Allegra repousse sa grossesse qu’elle n’a pas vraiment voulue. Elle se fera avorter et en mourra.

Ce roman de femmes, où les hommes ne tiennent que des rôles secondaires, excelle par ses analyses psychologiques de l’âme féminine. Allegra la grand-mère et Vanessa la mère dirigent la famille mais refusent l’émancipation des filles de cette famille.

Allegra constitue l’histoire d’une tentative de libération d’une jeune femme emprisonnée par le conformisme et les traditions familiales. Alors qu’elle vient de se marier, on lui prédit un avenir à son image, calme et souriant. Il suffira d’un gosse de 4 ans, arabe, muet, abandonné des jours entiers dans la cour de son immeuble pour changer son existence. Entre cet enfant qui se tait et cette femme qui se cherche nait une passion merveilleuse ; leurs après-midis sont des aveux, leurs promenades des chansons et des aventures. Ils demeurent hors du monde, autour d’eux pourtant tout s’écroule et change.

L’émancipation de la femme est sans aucun doute le thème principal du roman-la femme soi-disant la plus soumise est aussi la plus indépendante. Elle est la femme-mère qui se propose de guérir et sauver par son amour un enfant handicapé qui n’est pas le sien et…arabe ! en refusant de donner la vie elle-même, elle se détruit elle-même et préserve cet amour de toute souillure.

Cette œuvre dense a fixé quelque chose de plus qu’une histoire : le désarroi d’une société à la dérive dont Allegra et les siens sont les saisissants reflets.

 

Philippe nous a présenté

 

 

 

 

 

 

 

    Indian Creek de Pete Fromm « Un hiver au cœur des Rocheuses »

     Ed. Gallmeister 272p - 22,90euros

 

« Après le départ des gardes, la tente quenous avions dressée me paru encore plus petite. Je me tenais devant elle, et un frisson que je croyais dû à une bourrasque me parcourut le cou. Allais-je vraiment vivre là-dedans désormais ? Seul, durant tout un hiver ? Je jetai un coup d’œil vers la rivière sinueuse, entre les parois sombres et accidentées du canyon qui découpaient déjà le soleil de ce milieu d’après-midi. Il n’y avait rien au-delà de ces murs de pierre et de verdure, si ce n’est les étendues sauvages d la Selway-Bitterroot, à l’infini. J’étais seul, au cœur même de la solitude. »

Ainsi débute le long hiver que Pete Fromm s’apprête à vivre seul au cœur des Montagnes Rocheuses, et dont il nous livre un témoignage drôle et sincère, véritable hymne aux grands espaces sauvages. Indian Creek est un passionnant récit d’aventures et d’apprentissage, d’une drôlerie irrésistible et d’un réalisme cruel. L’écriture, modeste et vivante, avance au rythme du marcheur, les yeux levés vers le ciel, les pieds enfoncés dans la neige épaisse. Ce classique contemporain a établi Pete Fromm comme une des grandes voix de l’Ouest qui, loin de vouloir en faire un manifeste ni même une leçon à la façon du Walden de Thoreau, nous relate son épopée d’une manière extrêmement claire et sincère. Un bon livre.

 

Arlette nous a présenté

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    Les Elles de l’Islam Bleu de Nora Mekmouche-Catherine Meyer-Samiha Dr

                                               Cris écrits 2005 168p 15 euros

 

 

Un livre à écouter, car 15 femmes ont choisi de se raconter, 15 femmes d’aujourd’hui, de tous âges, et qui entretiennent chacune un lien particulier avec l’islam. Elles évoquent leurs origines, leur parcours, les relations fortes qu’elles entretiennent avec leur milieu familial. La plupart sont nées en Algérie et vivent en France depuis longtemps. Aujourd’hui toutes vivent à Marseille. Elles ont accepté de livrer une parole personnelle, de dire leur vie car elles ont besoin d’être écoutées à un moment où l’histoire de notre société française multiraciale s’édicte en lois. Pour ou contre le port du voile, pour ou contre la burka, sont autant de sujets qui stigmatisent leur différence et les débats animés autour des mots « femme » « islam » « France » les enferment dans des clichés qui les condamnent toutes.

 

C’est aussi un livre à regarder car elles ont dévoilé leur intimité devant le regard de la photographe Catherine Meyer ou celui de la dessinatrice Samiha Driss. Ce rapport à l’image est problématique puisque l’islam interdit la représentation figurative. D’où l’utilisation du flou en photo, certaines se montrent de dos, d’autres n’offrent à l’objectif qu’une partie du visage, mais l’ensemble mène à la construction du récit de chacune, selon ses convictions.

 

Dans tous ces récits la même réflexion s’impose : elles s’accordent à souligner que les hommes musulmans se servent de la religion pour revenir à un machisme traditionnel qui autorise et surtout légalise l’enfermement de la femme. Toutes racontent leur soif de connaissance, de savoir : par exemple Zéphora dit : « Je pense que pour la femme en islam, le problème le plus important est celui de la connaissance. On ne la laisse pas accéder à la connaissance pour ne pas qu’elle s’affirme ou se révolte ». Pour elles, ce n’est pas l’islam qui pose problème, mais ceux qui l’interprètent. Safia dit « on a un seul Coran, mais chacun le lit comme il veut. » Halima, la Comorienne confirme : « je ne supporte pas le pouvoir que les hommes s’octroient : chaque fois qu’ils veulent quelque chose, ils transforment la religion pour l’obtenir. Ils coupent les phrases du Coran pour mieux s’en servir. »

Elles sont unanimes pour affirmer que seule la connaissance du Coran peut leur apporter la liberté de vivre leur religion sans les contraintes de la tradition imposées par les pères, les frères et les maris.

Et il ressort que le problème du voile n’en est pas un : celles qui le portent le font par conviction, d’autres pensent qu’il symbolise la soumission, et Sonia dit qu’elle porte le voile sauf lorsqu’elle franchit les portes du lycée, car « elle ne veut pas se priver du savoir pour un voile » et elle respecte la loi française.

 

Voix de femmes, voix multiples et attachantes : toutes disent les espoirs, les combats, les revendications, et plus encore leur fragilité.

 

Pourquoi j’ai choisi ce livre ? pour son titre que j’ai aimé et qui m’a intriguée. Pourquoi l’Islam bleu ? Le symbole des 4 couleurs qui évoquent dans l’islam les 4 matières rouge=feu/jaune=air/vert=eau/bleu=terre, cad les terres de l’islam (la maison de l’islam dar al-islam) placées sous gouvernement musulman.

Et le bleu turquoise des mosaïques utilisées dans la décoration des mosquées, des madrasa (écoles coraniques) et des mausolées. On pense à La Mosquée Bleue d’Istambul, dans le Détroit du Bosphore, face à Sainte-Sophie.

 

Un beau livre.

 

 

A noter notre prochaine réunion du Club du Livre MARDI 3 AOUT A 19H AU PRESBYTERE

Journée du livre de Grambois du 8 août 2009 ( suite )

Le 8 septembre 2009

 

 

Il y a juste un mois , la première fête du livre de Grambois  commençait .

L'équipe du Club du livre de Grambois commençait à souffler un peu, car tout se passait sans trop de problèmes. La suite de la journée allait confirmer la bonne impression de ce début de matinée.

Vous avez été nombreux à venir rencontrer les auteurs, éditeurs et libraires qui avaient répondus à notre invitation . Nombreux en effet, puisque plus de 1000 visiteurs sont venus à Grambois pour la fête du livre.

Cette journée a été réussie et nous devons remercier non seulement les animateurs du Club du livre de Grambois, mais aussi ceux qui nous ont apportés leur appui ou leur aide :

Le Maire et le conseil municipal de Grambois,

France-Bleu Vaucluse

Le Crédit Agricole et en particulier l'agence de la Tour d'Aigues

Les Distilleries de Provence-Pastis Bardouin

 Le journal La Provence et son correspondant local Alain Carle pour la couverture médiatique de l'évènement

Le Domaine Regarde-moi venir

La Cave coopérative de Grambois

 

Les photos qui suivent vous permettront de voir ou revoir  les moments marquants de cette journée :

        N.B.  En cliquant sur la photo , vous pouvez l'agrandir

Les exposants sont répartis sur les places du village :

 

 

 

A la fin de ce billet , vous pouvez retrouver les sites internet des exposants

 

         A 11h00 Andrée Maureau donne une conférence sur la cuisine et montre comment utiliser les épluchures !!!!!!!

 

 

 

           A 12h15 apéritif sur la place de la Mairie

 

 

12h30  :  pause déjeuner ( sauf pour les animateurs )

 

Cliquez ci-dessous sur : lire la suite

 

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Soirée du 6 Mars 2009,

 

Petite information logistique:

Il nous est toujours agréable de venir dans la majestueuse salle du presbytère de Grambois. Certes en hiver il n'y fait pas très chaud mais l'espace est unique. Cependant, notre amie et membre Marie-Antoinette Vayssettes nous a demandé de pouvoir désormais nous réunir dans la salle du conseil municipal de la mairie à 19h00.

Pour être certaine que cette demande soit approuvée par tous les adhérents, un questionnaire a été adressé, sous forme de sondage, via le net, à chacun d'entre eux. Il n'en résulta pas grand-chose de neuf. En fait peu de réponse et aucune majorité sortante. Aussi, faisons simple : Tant que les soirées seront froides je propose que nous nous réunissions à 19h00 dans les locaux de la mairie. Mais dès le retour des beaux jours et la hausse des températures, nous regagnerons le presbytère pour 20h00. Le cours de yoga se terminant à 19h45, nous ne pourrons pas avancer l'horaire de notre réunion. Merci de votre compréhension.

 

AUSSI : Prière de bien vouloir noter que la prochaine soirée du club du livre se tiendra le vendredi 3 avril au RDC de la mairie à 19h00.

 

 

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La soirée du 6 mars dernier débuta sous les bons auspices avec le beau livre dédié à l'art provençal d'Alfred PERSIA. Marie-Antoinette Vayssettes enthousiasmée par sa représentation picturale du Luberon nous invite à feuilleter l'ouvrage et à y découvrir des toiles pleines de vie et de fraicheur. Le style bien que classique n'est pas pour autant ennuyeux. Les tableaux du maître offrent une palette flamboyante de couleurs que transcende la beauté des paysages de cette Provence qui nous aimons tous.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Luberon de Persia

Editeur : A. Barthélemy &
Editions de l'Accent. 104 pages 
Ancien prix public : 45 €, vendu 21 EUR à la libraire de l'Editeur en Avignon.

 

A figurer dans la liste des livres retenus pour LE PRIX

 

 

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Suivra le beau et émouvant roman de Pierre Magnan, présenté par Michèle Petit

 

Laure du Bout du Monde Editeur : Denoël 2006. 286 pages. Prix 18 Euros

«- Qu'est-ce que ça veut dire aimer?
- Je l'ai lu dans un livre, dit Laure.
- À la maison, depuis que je suis né, personne, tu entends bien? personne! n'a jamais prononcé ce mot. Le mot aimer et le mot tendresse n'ont jamais fait souche ici. Le bonheur, ajouta le grand-père, c'est une distraction de riches! »

 

 


Pierre Magnan, est l'auteur contemporain fétiche de la Haute Provence. Il est né à Manosque en 1922, et vit à Forcalquier. Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma ou à la télévision. Patrick Bruel a incarné Séraphin Monge dans les années 80, dans la mémorable "Maison Assassinée", et, plus récemment, c'est Victor Lanoux qui a campé le rôle du héros préféré de Pierre Magnan : le commissaire Laviolette, dans "les courriers de la mort". Pierre Magnan, qui n'a pas écrit que des polars, fut publié très tard...Toutefois, il est désormais reconnu comme un écrivain de grand talent. (Extrait de l'interview publié sur le site

 http://www.theyrani.com/interMagnan1.htm)

Pierre Magnan a situé cette fois-ci son histoire dans les Baronnies. Il nous y fait découvrir le village d'Eourres, dit bout du monde, enclavé en territoire drômois. Nous mettons nos pas dans ceux de Laure, enfant de l'après-guerre qui veut aller plus loin que les champs de lavande qui marquent son horizon.

La savoureuse écriture de Pierre Magnan emporte encore une fois le lecteur sur les calades, roubines et faysses d'une Provence sans clichés, au cœur de familles à la médiocrité "ordinaire", en nous faisant croiser des personnages réels tels Fernand Morénas (de l'auberge Regain à Buoux) ou portant des prénoms extraordinaires (Népomucène) ou en rapport avec les héros d'autres aventures précédentes(Séraphin Monge).

Après avoir lu ce livre, nous vous invitons à aller à Eourres, qui semble pour ceux qui le connaissent déjà plus charmant que celui décrit dans le roman de Magnan. En réalité par ce conte, l'auteur nous montre comment la lecture est une fenêtre sur le monde même quand on est perdu ... au bout du monde. Il nous invite ainsi à croire à la VIE.

 

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Le dernier livre paru de Pierre Magnan intitulé Chronique d'un château hanté fut également présenté durant cette soirée. Corinne Lefort en a résumé brièvement l'intrigue 


L'histoire débute en février 1349. Un rat atteint de la peste appartenant à un saltimbanque vient choir dans l'immense chaudron d'une daube mijotant pour tes festivités de Mardi gras : c'est le début de la Peste noire à Manosque... Sous les remparts du village, un cavalier se régale du funeste spectacle : Lombroso, peintre officiel du duc de Mantoue, est venu trouver dans les cadavres encore chauds une inspiration pour achever sa fresque " descente aux Enfers ".  La même nuit, une procession de jeunes nonnes du couvent des clarisses de Mane quitte le château des Hospitaliers de Jérusalem, à Manosque. Ployant sous l'effort, elles tirent derrière elles un lourd chariot dissimulant une forme non identifiée qu'elles cachent dans leur crypte avant d'être soudain massacrées... 

Histoire d'un trésor inestimable quoique sans valeur, Chronique d'un château hanté fait revivre la Provence d'autrefois en racontant les aventures de six générations du XIVe siècle à nos jours toutes liées à un ARBRE, UN CHÊNE. Étourdissant son lecteur d'un suspense baroque, Pierre Magnan orchestre une palpitante remontée dans le temps et la nature de l'homme.

Ce qui frappe au premier abord c'est la richesse du vocabulaire de l'auteur. C'est un vrai bonheur de découvrir des mots assez inusités au fil des pages. Le récit se révèle complexe et passionnant et se déroule sur plusieurs générations. L'histoire baigne dans un climat fantastique et terrible et aucun détail ne nous est épargné des épidémies aux guerres et massacres divers parsemant le roman.
Cependant le titre de l'ouvrage trompe un peu le lecteur. Bien que passionnante l'histoire peine à se répèter. On a en final le sentiment que Magnan a trop voulu en faire et en refermant le livre on reste sur sa faim.

Ceci étant dit, il reste que ce gros livre fait passer un très bon moment.

 

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Chronique d'un château hanté, Pierre Magnan. 426 pages. Editions Denoël. Prix 22 Euros.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Trilogie Vaudoise d'Hubert Leconte. Prix de 17 à 20 Euros.

Notre amie Arlette Poirel nous aura fait partager son intérêt pour l'histoire des Vaudois à travers la saga écrite par l'écrivain-éditeur Hubert Leconte, fondateur de la maison d'édition Millepertuis à St-Saturnin-Lès-Apt. Extraits de présentation de ses livres publiés via son site internet:

La Croix des Humiliés est le premier tome de la saga vaudoise. Y est racontée l'installation des Vaudois dans les vallées des Alpes et du Piémont là où ils subirent les tourments de l'inquisition qui leur imposait la croix jaune de l'humiliation.

Le deuxième tome, Les Larmes du Luberon évoquent la fin tragique des vaudois descendus des vallées alpines au XVIè siècle pour remettre en valeur les terres de Provence. La répression envers les Réformés éradiqua ce peuple de paysans qui ne souhaitait que vivre en paix dans la tradition de leurs ancêtres. Hubert Leconte rappelle les nombreuses destructions de villages alentours qui portent encore les stigmates de cette tragédie.

Dans le dernier tome, Le Glaive et l'Evangile, l'auteur ponctue l'épopée vaudoise.
Le roman historique relate la vie politique de l'époque, les rivalités de cour qui secouent une société en pleine crise morale et religieuse. Les paisibles laboureurs du Luberon devront à leur tour quitter leurs bastides pour entrer dans la guerre. Ce sera le début des guerres de religion...

A recommander à tous ceux qui se passionnent pour l'histoire des guerres de religion en France et tout particulièrement en Provence. Le style est simple et attachant. Le rythme captivant.

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Pour compléter les romans historiques sur les vaudois:

PETIT RAPPEL DE L'HISTOIRE DES VAUDOIS EN LUBERON

 

 

C´est à Lyon, au 12e siècle, que débute l´épopée des Vaudois. Un riche marchand Pierre Valdo, outré de la magnificence du clergé, donne ses biens aux pauvres et part sur les chemins se consacrer à la prédication de l´évangile. Il fait des disciples dans le Midi de la France, dans les Alpes, en Italie : le valdéisme est né.

Très vite, l´Eglise jette l´anathème sur les Vaudois, qui prônent la pauvreté, la modestie, le travail.... Ceux-ci forment une communauté éclatée. Trois grands groupes se dessinent : dans les Alpes, l´Italie du Sud et en Luberon. La communauté vaudoise du Luberon, peut-être présente dès l´origine du valdéisme est à coup sûr grossie par les flots d´immigrés piémontais et dauphinois qui, fuyant les persécutions, affluent à la fin du 15e et au début du 16 siècle. On les trouve surtout à Murs, Roquefure, Gignac, Joucas, Lourmarin, Cabrières d´Aigues, Mérindol, La Motte d´Aigues, St-Martin de la Brasque, Peypin d´Aigues et Villelaure.

L'inquisiteur à Apt

En 1530, l´évêque d´Apt, Jean Nicolaï, appelle à son secours l´inquisiteur Jean de Roma. Celui-ci traque depuis deux ans déjà Vaudois et Luthériens. Il a une réputation plus terrible encore que son confrère Jean de Montaigne, dont le passage à Apt en 1514 s´était soldé par l´emprisonnement de 154 hérétiques...

L´historien Gabriel Audisio, spécialiste incontesté des Vaudois, a publié le texte d´un procès que Jean de Roma fit à un prêtre vaudois, un " barbe " comme ils se nommaient. On ignore l´issue du procès, mais quand on sait que Jean de Roma s´était fait une spécialité de chausser ses prisonniers avec des souliers remplis d´huile, et de mettre le feu dessous, on peut légitimement avoir quelque inquiétude pour le pauvre barbe ! Et Jean de Roma instruisit plus de 150 procès durant les 4 ans qu´il passa à Apt...

Le feu aux poudres

En 1532, un incident mit le feu aux poudres entre Catholiques et Vaudois. Des soldats catholiques importunent de jeunes Vaudoises, les pères de celles-ci s´interposent : ils sont emprisonnés. Un véritable commando de Vaudois, sous la conduite d´Eustache Maron, les délivre avant de prendre le maquis.

Le Parlement de Provence lance alors contre les Vaudois un avis d´expulsion, et d´arrestation contre 450 réputés les plus dangereux. Les Vaudois sont de plus en plus nombreux à prendre le maquis.

Après diverses péripéties plus ou moins sanglantes, en 1540, le Parlement prend un nouvel arrêt : il ordonne que soient brûlés sur le bûcher les Vaudois de Mérindol, et le village rasé. Après quelques revirements, le Roi de France, François Ier, accepte l´arrêt des Provençaux. Adjoint au Parlement de Provence, le baron Meynier d´Oppède prend la tête de la répression. Avec lui, 6.000 hommes se préparent à la curée, une soldatesque avide de vols, de viols et de tuerie.

Le massacre

 

 

 

 

 

Devant la colonne en marche, les Vaudois s´enfuient. En vain. Le 16 avril 1644 commence le massacre. Loin de s´en tenir au seul village de Mérindol, les soldats s´en prennent à tout ce qui se trouve sur leur passage, sans trop regarder à la religion.

En vallée d´Aygues, Cabrières, la Motte, Peypin et Saint-Martin-de-la-Brasque sont tour à tour pillés et incendiés. Dans les bois, la chasse à l´homme s´organise. On tue, on viole, on torture ; des prisonniers sont pris pour être envoyés aux galères.

Le 17 avril, 140 maisons de Lourmarin sont brûlées. Mérindol, déserté par ses habitants depuis belle lurette, est incendié. On traque les Vaudois dans les montagnes : plusieurs centaines sont rattrapés, violés et abattus.

Après avoir " purifié de l´hérésie " le sud du Luberon, les troupes passent au nord. De nouveaux soldats se joignent à eux. Ils sont 7.000 maintenant, à faire le siège de Cabrières d´Avignon, près de Gordes. Dans le village, 6 à 700 Vaudois se retranchent. La cause est entendue d´avance. Après une journée de résistance acharnée, les chefs de famille vaudois négocient leur reddition, espérant sauver femmes et enfants.
En vain : le 21 avril, les assiégeants entrent dans le village. Ils en ressortent quelques heures plus tard en laissant derrière eux un enfer.

Après que les chefs de famille ont été isolés pour être traduits en justice, on choisi 18 personnes au hasard, qu´on exécute sommairement. Mais cela ne suffit pas aux soldats, ivres de fureur. On donne donc le signal du pillage. Les femmes et les enfants, rassemblés dans l´église, sont violés, torturés et tués. On précipite certains d´entre eux du haut du clocher. D´autres femmes sont brûlées vives, empalées... Puis le village est incendié et les rares fuyards poursuivis, rattrapés et massacrés.

Des milliers de morts

 

 

 

 

 

Après Cabrières, Lacoste est la cible des soldats. Mais le seigneur de Lacoste est parent de Maynier d´Oppède : le village sera épargné. Maynier d´Oppède fait alors boucler le Luberon pour traquer les Vaudois en fuite, et interdit à quiconque de leur prêter assistance. Pendant des jours et des jours, la curée va se poursuivre. Nobles et notables locaux ne seront pas les derniers à y prendre part...

Combien de Vaudois périrent durant ces journées ? Des milliers sans doute. La valdéisme du Luberon ne s´en relèvera pas. Ceux qui n'ont pas été exterminés se sont enfuis, vers les Alpes et l´Italie.

Une association, une route historique, perpétuent aujourd´hui le souvenir de cette communauté discrète et martyre. Et l´on voit encore dans la campagne, au détour d´une haie, quelque tombeau éloigné de tout cimetière : rare privilège qu´ont parfois aujourd´hui encore les descendants des Vaudois, de se faire enterrer sur leur terre, une terre abreuvée de la sueur et du sang de leurs ancêtres.

Texte rédigé par Hugues Bonnetain

Bibliographie
Gabriel Audisio : le barbe et l´inquisiteur, Edisud.
Guy-Jean Arché : le massacre des Vaudois du Luberon, éd. Curandera
Gabriel Audisio : Les Vaudois, Hachette

 

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Soirée du 2 Janvier 2009

 

Notre ami, Philippe Calmon, sensible à la nature provençale et aux saisons a tenu à nous présenter deux ouvrages :

Herbier méditerranéen

 

Textes : Claude Meslay, Illustrations : Marie-Françoise Delarozière. Editeur EDISUD.175 pages. Prix EUR 29 €

Très beau livre, où les illustrations dominent (de type herbier). 2 livres déjà parus dans la même collection : Herbier vagabond et Herbier des bords de l'eau. Le livre présente, d'abord, quelques généralités sur le milieu méditerranéen, avec la description des caractéristiques du climat méditerranéen, des sols et de l'adaptation des végétaux. Deux arbres symboles sont décrits : le figuier et l'olivier. Puis, l'herbier est ordonné, non pas par ordre alphabétique, mais par types de forêts (chênes blanc, chênes verts), garrigues, maquis et pelouses. L'auteur termine par le milieu littoral. La forêt est présentée selon un montage photo des différents arbres, arbustes, herbes et fleurs typiques de ce type de forêt. Puis chaque végétal est décrit à la manière scientifique d'une flore. Sont ajoutés un lexique, une bibliographie et un index des noms des plantes. C'est un très joli livre avec de très belles illustrations qui permettent de mettre facilement un nom sur les plantes

 

 

L'Olivier De Patrick Langer (l'auteur vit à Manosque). Editeur EDISUD « Petite bibliothèque ». 128 pages. Prix EUR 17 €

C'est un beau livre avec de nombreuses illustrations (photos, images d'archive, publicités d'époque).

L'olivier est présenté dans ce livre dans un cadre international. L'histoire est d'abord décrite, avec son origine qui remonterait vers -10 à -20 millions d'années en Afrique de l'est, puis il apparaît dans le bassin méditerranéen à partir de -3 millions d'années. C'est l'oléastre, ancêtre de l'olivier actuel. A force de sélections successives, l'olivier est devenu cultivable à partir de -3000 ans av. JC. Le livre décrit la répartition géographique de l'olivier, le ramassage des olives et la fabrication de l'huile, des temps anciens à nos jours. L'olivier présente de nombreuses utilisations en alimentaire, bien entendu,mais aussi en parfumerie et en médecine. L'olive contient des acides gras mono instaurés (dont l'acide oléique) qui participent à la prévention des maladies cardio-vasculaires.

La production mondiale est en forte augmentation : ~10 millions de tonnes d'olives ont été produites en 1990, 2 fois plus en 2006. L'auteur termine sur la question du réchauffement climatique avec une modification possible de l'aire de répartition géographique de l'olivier (remontée vers le nord).

Livre, très complet, facile à lire, très bien illustré. L'aspect international replace l'olivier, emblème de la Provence, à une place symbolique en comparaison des surfaces cultivées et des productions mondiales ; Un beau cadeau à offrir.

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Michèle Petit, notre précieuse trésorière, a régalé l'assistance de mots et de recettes culinaires soutirés du splendide ouvrage

La Cuisine de Mistral Alain Gérard (Auteur), Robert Callier (Photographies). Clc Editions ; 96 pages. Prix EUR 30 €

Frédéric Mistral, sous le pseudonyme de "Cousinié Macari", publia quelques recettes dans l'Almanach Provençal. Mais soyons honnêtes, comme la majorité des hommes de son siècle, Mistral ne s'est jamais trop penché sur les fourneaux. Des textes et des poèmes les plus célèbres de Mistral, Alain Gérard a extrait les passages concernant la cuisine. Lorsque la recette est donnée par le Félibre, il l'a reprise, sinon il l'a écrite. Essayez-les. Vous aurez la Provence en bouche. 

 

 

 

 

 




Bienvenue et bravo à Wendy Buseman qui nous invita, en usant de la langue de Molière, à relire le célèbre roman Le Château des Oliviers paru en 1993. Ce livre inspira un film mais aussi de nombreux amis Hollandais à venir découvrir la Provence et y goûter ses vins. Son titre en néerlandais est:

Terug Naar de Provence de Frédérique Hébrard. Ed: uitgeverij de arbeiderspers.324 pages. Prix EUR 8 €

Résumé en néerlandais : Tussen de Rhône en de Mont Ventoux ligt de wijngaard uit Estelle Labories jeugd. Tijdens de jaarlijkse reünie op her inmiddels vervallen familielandgoed besluit Estelle niet naar Parijs terug te gaan maar in het Arcadie van haar jeugd te blijven. Er lijkt echter een vloek op het landgoed te rusten. Een projectontwikkelaar dreigt het van de kaart te vegen en er een pretpark te bouwen. Hij wordt in zijn plannen gesteund door de vrouwelijke burgemeester, die nog een rekening te vereffenen heeft met Estelle. En dan is er nog de ontzettende geschiedenis van Estelles grootmoeder Apolline die een spookachtig spanningselement toevoegt aan het toch al wervelende verhaal. Terug naar de Provence is een roman doordrenkt van lavendel, wijn en dreigend onheil.
Frederique Hebrard is een van Frankrijks meest geliefde schrijfsters. Haar boeken sleepten al vele prijzen in de wacht. Terug naar de Provence werd met enorm succes verfilmd en hield de Fransen maandenlang aan de televisie gekluisterd.

En français: L'héroïne Estelle Labories revient sur les terres de sa jeunesse au sein du vignoble familial entre Rhône et Mont Ventoux. Après avoir assisté à la réunion annuelle, elle décide de rester sur place et de s'occuper du domaine quelque peu délaissé. Sa propre vie est en ruine. Mais, il semble qu'une malédiction hante la propriété. Un promoteur risque de la faire détruire pour y construire un parc d'attraction. Le maire soutien ce projet mais Estelle quant à elle, reçoit l'appui et l'aide de ses proches qui aimeraient bien faire revivre le domaine viticole. Un roman imprégné de lavande et de vin. L'histoire a été portée à l'écran et bénéficia d'un véritable succès populaire.

 

M arie-Antoinette Vaissettes, bien que fortement grippée a tenu à assister à notre réunion mensuelle. En ces périodes de fêtes et toujours avec passion qu'on lui connaît, elle nous propose la lecture de :

Les fêtes Provençales : de Jean-Paul Clébert. Ed:Aubanel. 221 pages. Prix EUR 29 €

Les rois mages, l'épiphanie, chaque fête possède son histoire et sa raison d'être en Provence. C'est un ouvrage de référence qui dévoile tous les secrets des fêtes provençales, innombrables et toujours surprenantes. Au fil des saisons, les illustrations et les photographies rendent cette facette de la vie provençale encore plus proche et plus vivante. Un véritable carnet de voyage pour découvrir et mieux comprendre la Provence festive d'hier et d'aujourd'hu

 

 

 

 

 

 

 

Vivre Fatigue de Jean-Claude Izzo Edit: J'ai lu, Collection : Librio Noir. 93 pages. Prix EUR 2 €.

Sept nouvelles au dénouement qui tombe comme un couperet inattendu. Les lieux sont réels, le langage est toutefois cru.

Jean-Claude Izzo est un écrivain français de Marseille (1945-2000).

Biographie : Izzo. Le père était italien. Il émigra à Marseille en 1920. Sa mère qui était native de Marseille, du très populaire et typique quartier du Panier, avait des parents espagnols. Journaliste et scénariste, Izzo écrit pour le cinéma et la télévision. En 1970, il sort son premier recueil de poèmes, Poèmes à haute voix. Poussé par Michel Le Bris, il publie à partir de 1995, deux livres dans la « série noire » : Total Khéops et Chourmo, premiers ouvrages de sa trilogie marseillaise, avec Fabio Montale. En 1997, il éditera un recueil de poésies Loin de tous rivages et le magnifique roman Les Marins perdus, ainsi que de nombreuses nouvelles parues dans des anthologies. Il s'installe à Ceyreste et aux Goudes dans les Bouches du Rhône qu'il ne quittera plus.

 

 

Loi de tous rivages Jean-Claude Izzo Editeur: J'ai Lu

Poèmes mélancoliques d'une aride beauté. J-C Izzo nous compte son midi, la garrigue, la lumière, la terre du soleil et la mer au loin. ‘‘ La terre achève son rêve en des rêves qui naissent d'elle, inépuisable sève qui fait éclore les fleurs sous les pierres, jusqu'au rêve tout est à conquérir ''

Et plus intime‘‘ Peut-être suis -je las. De n'attendre rien. A peine immobile, tel un cyprès. Sur l'oubli, je veille. Et la mort s'interroge. Je me refais une mémoire avec ces riens que sont chardons et pierres. La lumière aussi profonde que l'eau me rend l'avenir impossible. Je sais tout de ce qui brûle ou désaltère. Mais seuls, sans doute, les contraires cimentent l'aujourd'hui, ces insaisissables heures vers lesquelles mes doigts se tendent. Midi : il m'a semblé être prêt pour rebâtir la lumière. D'espoirs et d'angoisses. Et le voulant ma langue s'agite en son lieu de silence : lèvre humides entre lesquelles les mots se façonnent, passent et désespèrent. Cri : et les pierres d'un poids insoupçonnable.''

A lire et à relire à  haute voix ou en silence

 

 

 

Nous sommes heureux de recevoir Serge Koulberg. Habitant Grambois depuis de nombreuses années, il reconnaît aimer le Roman. Serge est déjà très actif dans le monde du livre en Provence. Pour sa première venue, il a choisi de nous faire découvrir le livre

En espérant la Guerre de Dominique Conil, paru chez Actes Sud

Ce roman reçu le Prix de l'Inédit du Festival de Mouans-Sartoux en 2007. 174 pages. EUR. 18,00 €

Un fait divers porté par une écriture ciselée, sensuelle. L'histoire se passe dans l'arrière-pays nîmois. Alors que l'homme qu'elle aime a disparu après un braquage qui a mal tourné, Anne Valetta, sa femme l'attend dans le sud de la France ou bien le cherche à Berlin durant la chute du mur. Cette dernière - héroïne irréductible et figée - se livre au jeune journaliste Léon, vingt ans après les faits. On est très vite pris par le récit, par la narration mouvante, glissant d'un temps à l'autre, recréant peu à peu les rêves brisés et leurs éclats. Autre chose à noter, l'épaisseur des personnages secondaires, leur salutaire importance, qui donne un volume supplémentaire à l'univers du roman. L'intensité d'un excellent polar doublée d'une véritable exigence de style, de regard, l'ouvrage de Dominique Conil est rare. Extraits du site Amazon.com

Biographie de l'auteur : Après avoir exercé divers métiers en différents endroits du globe. Dominique Conil est devenue journaliste : elle a notamment travaillé comme chroniqueuse judiciaire, grand reporter puis critique littéraire pour la presse écrite et la radio. Auteur de scénarios pour la télévision et d'un essai sur la justice en France, elle vit entre Paris et les Deux-Sèvres, et se consacre désormais à l'écriture.

 

La présentation des livres de la section française et étrangère (autres que les ouvrages en Anglais) s'est achevée avec l'exposé de Corinne Lefort sur la création d'une toute nouvelle maison d'édition à Manosque : Le Bec en l'Air . Parmi leurs premières parutions, le très atypique roman historique

 

PAS DE COURONNE À BANON. Etienne Riondet nous révèle une part inconnue de l'histoire de France en Provence. En 1851, une partie de la population des Basses-Alpes s'insurge contre le coup d'État de Louis Napoléon Bonaparte. La répression est sans pitié. Un siècle et demi plus tard, l'histoire demeure douloureuse dans les esprits et les mémoires familiales. Trois meurtres mystérieux, sans mobile ni lien apparents, viennent perturber la quiétude de Banon, un joli village de haute Provence. L'écriture est hélas légère, le style peu élaboré. Cependant on passe un bon moment en apprenant des faits peu connus de l'histoire locale.

 

160 pages. Prix EUR 12 €

 

 

 

 

Notre membre, Henri de Susanne, nous indique avoir découvert la Librairie LE BLASON à Aix en Provence, spécialisée sur la culture et la littérature Provençale. Son choix s'est porté sur le livre de mémoire à propos du tremblement de Terre du 11 juin 1909 en Provence. La région autour de Rognes vécut un tremblement de terre qui fit une cinquantaine de victimes et coûta l'équivalent de 47 millions d'euros de dégâts. C'était il y a cent ans : ceux qui le vécurent ne sont plus de ce monde, mais le souvenir subsiste chez certaines familles, et quelques traces demeurent dans la géographie urbaine

 

 

Franck d'Amato, qui veille aux destinés du syndicat d'initiative de Grambois, nous a révélé sa passion pour l'écriture. De la poésie qu'il ne cesse de composer aux pièces de théâtre. Inspiré par les textes de Pagnol et les histoires de village au tempo méridional, nous avons eu le plaisir d'écouter notre ami lire le compte-rendu de l'une de ses créations. Michèle Petit doit recevoir une copie de la pièce et donnera son point de vue pour une possible représentation à l'occasion des journées du Livre de Grambois en août prochain.  

 

CHERS MEMBRES 

Afin de permettre à tous les participants de prendre la parole et surtout pour éviter de veiller tard, je remercie chacun d'entre vous de bien vouloir choisir et présenter au maximum deux ouvrages. Merci de votre compréhension.

Corinne Lefort ; Au nom du Bureau de l'Association.

 


Prochaine réunion : vendredi 6 février 2009 à 20h00 au Presbytère

NOUS Y RECEVRONS l'ECRIVAIN JACQUES BONNADIER

 

 

Jacques Bonnadier est né à Marseille en 1938. Journaliste depuis 1960, il est actuellement reporter au magazine « Viva ».

 Il a déjà publié cinq livres qui ont tous pour thème Marseille et la Provence dont

 

 

 

                                     

 

 

 

 

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