Soirée du 6 Mars 2009,

 

Petite information logistique:

Il nous est toujours agréable de venir dans la majestueuse salle du presbytère de Grambois. Certes en hiver il n'y fait pas très chaud mais l'espace est unique. Cependant, notre amie et membre Marie-Antoinette Vayssettes nous a demandé de pouvoir désormais nous réunir dans la salle du conseil municipal de la mairie à 19h00.

Pour être certaine que cette demande soit approuvée par tous les adhérents, un questionnaire a été adressé, sous forme de sondage, via le net, à chacun d'entre eux. Il n'en résulta pas grand-chose de neuf. En fait peu de réponse et aucune majorité sortante. Aussi, faisons simple : Tant que les soirées seront froides je propose que nous nous réunissions à 19h00 dans les locaux de la mairie. Mais dès le retour des beaux jours et la hausse des températures, nous regagnerons le presbytère pour 20h00. Le cours de yoga se terminant à 19h45, nous ne pourrons pas avancer l'horaire de notre réunion. Merci de votre compréhension.

 

AUSSI : Prière de bien vouloir noter que la prochaine soirée du club du livre se tiendra le vendredi 3 avril au RDC de la mairie à 19h00.

 

 

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La soirée du 6 mars dernier débuta sous les bons auspices avec le beau livre dédié à l'art provençal d'Alfred PERSIA. Marie-Antoinette Vayssettes enthousiasmée par sa représentation picturale du Luberon nous invite à feuilleter l'ouvrage et à y découvrir des toiles pleines de vie et de fraicheur. Le style bien que classique n'est pas pour autant ennuyeux. Les tableaux du maître offrent une palette flamboyante de couleurs que transcende la beauté des paysages de cette Provence qui nous aimons tous.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Luberon de Persia

Editeur : A. Barthélemy &
Editions de l'Accent. 104 pages 
Ancien prix public : 45 €, vendu 21 EUR à la libraire de l'Editeur en Avignon.

 

A figurer dans la liste des livres retenus pour LE PRIX

 

 

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Suivra le beau et émouvant roman de Pierre Magnan, présenté par Michèle Petit

 

Laure du Bout du Monde Editeur : Denoël 2006. 286 pages. Prix 18 Euros

«- Qu'est-ce que ça veut dire aimer?
- Je l'ai lu dans un livre, dit Laure.
- À la maison, depuis que je suis né, personne, tu entends bien? personne! n'a jamais prononcé ce mot. Le mot aimer et le mot tendresse n'ont jamais fait souche ici. Le bonheur, ajouta le grand-père, c'est une distraction de riches! »

 

 


Pierre Magnan, est l'auteur contemporain fétiche de la Haute Provence. Il est né à Manosque en 1922, et vit à Forcalquier. Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma ou à la télévision. Patrick Bruel a incarné Séraphin Monge dans les années 80, dans la mémorable "Maison Assassinée", et, plus récemment, c'est Victor Lanoux qui a campé le rôle du héros préféré de Pierre Magnan : le commissaire Laviolette, dans "les courriers de la mort". Pierre Magnan, qui n'a pas écrit que des polars, fut publié très tard...Toutefois, il est désormais reconnu comme un écrivain de grand talent. (Extrait de l'interview publié sur le site

 http://www.theyrani.com/interMagnan1.htm)

Pierre Magnan a situé cette fois-ci son histoire dans les Baronnies. Il nous y fait découvrir le village d'Eourres, dit bout du monde, enclavé en territoire drômois. Nous mettons nos pas dans ceux de Laure, enfant de l'après-guerre qui veut aller plus loin que les champs de lavande qui marquent son horizon.

La savoureuse écriture de Pierre Magnan emporte encore une fois le lecteur sur les calades, roubines et faysses d'une Provence sans clichés, au cœur de familles à la médiocrité "ordinaire", en nous faisant croiser des personnages réels tels Fernand Morénas (de l'auberge Regain à Buoux) ou portant des prénoms extraordinaires (Népomucène) ou en rapport avec les héros d'autres aventures précédentes(Séraphin Monge).

Après avoir lu ce livre, nous vous invitons à aller à Eourres, qui semble pour ceux qui le connaissent déjà plus charmant que celui décrit dans le roman de Magnan. En réalité par ce conte, l'auteur nous montre comment la lecture est une fenêtre sur le monde même quand on est perdu ... au bout du monde. Il nous invite ainsi à croire à la VIE.

 

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Le dernier livre paru de Pierre Magnan intitulé Chronique d'un château hanté fut également présenté durant cette soirée. Corinne Lefort en a résumé brièvement l'intrigue 


L'histoire débute en février 1349. Un rat atteint de la peste appartenant à un saltimbanque vient choir dans l'immense chaudron d'une daube mijotant pour tes festivités de Mardi gras : c'est le début de la Peste noire à Manosque... Sous les remparts du village, un cavalier se régale du funeste spectacle : Lombroso, peintre officiel du duc de Mantoue, est venu trouver dans les cadavres encore chauds une inspiration pour achever sa fresque " descente aux Enfers ".  La même nuit, une procession de jeunes nonnes du couvent des clarisses de Mane quitte le château des Hospitaliers de Jérusalem, à Manosque. Ployant sous l'effort, elles tirent derrière elles un lourd chariot dissimulant une forme non identifiée qu'elles cachent dans leur crypte avant d'être soudain massacrées... 

Histoire d'un trésor inestimable quoique sans valeur, Chronique d'un château hanté fait revivre la Provence d'autrefois en racontant les aventures de six générations du XIVe siècle à nos jours toutes liées à un ARBRE, UN CHÊNE. Étourdissant son lecteur d'un suspense baroque, Pierre Magnan orchestre une palpitante remontée dans le temps et la nature de l'homme.

Ce qui frappe au premier abord c'est la richesse du vocabulaire de l'auteur. C'est un vrai bonheur de découvrir des mots assez inusités au fil des pages. Le récit se révèle complexe et passionnant et se déroule sur plusieurs générations. L'histoire baigne dans un climat fantastique et terrible et aucun détail ne nous est épargné des épidémies aux guerres et massacres divers parsemant le roman.
Cependant le titre de l'ouvrage trompe un peu le lecteur. Bien que passionnante l'histoire peine à se répèter. On a en final le sentiment que Magnan a trop voulu en faire et en refermant le livre on reste sur sa faim.

Ceci étant dit, il reste que ce gros livre fait passer un très bon moment.

 

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Chronique d'un château hanté, Pierre Magnan. 426 pages. Editions Denoël. Prix 22 Euros.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Trilogie Vaudoise d'Hubert Leconte. Prix de 17 à 20 Euros.

Notre amie Arlette Poirel nous aura fait partager son intérêt pour l'histoire des Vaudois à travers la saga écrite par l'écrivain-éditeur Hubert Leconte, fondateur de la maison d'édition Millepertuis à St-Saturnin-Lès-Apt. Extraits de présentation de ses livres publiés via son site internet:

La Croix des Humiliés est le premier tome de la saga vaudoise. Y est racontée l'installation des Vaudois dans les vallées des Alpes et du Piémont là où ils subirent les tourments de l'inquisition qui leur imposait la croix jaune de l'humiliation.

Le deuxième tome, Les Larmes du Luberon évoquent la fin tragique des vaudois descendus des vallées alpines au XVIè siècle pour remettre en valeur les terres de Provence. La répression envers les Réformés éradiqua ce peuple de paysans qui ne souhaitait que vivre en paix dans la tradition de leurs ancêtres. Hubert Leconte rappelle les nombreuses destructions de villages alentours qui portent encore les stigmates de cette tragédie.

Dans le dernier tome, Le Glaive et l'Evangile, l'auteur ponctue l'épopée vaudoise.
Le roman historique relate la vie politique de l'époque, les rivalités de cour qui secouent une société en pleine crise morale et religieuse. Les paisibles laboureurs du Luberon devront à leur tour quitter leurs bastides pour entrer dans la guerre. Ce sera le début des guerres de religion...

A recommander à tous ceux qui se passionnent pour l'histoire des guerres de religion en France et tout particulièrement en Provence. Le style est simple et attachant. Le rythme captivant.

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Pour compléter les romans historiques sur les vaudois:

PETIT RAPPEL DE L'HISTOIRE DES VAUDOIS EN LUBERON

 

 

C´est à Lyon, au 12e siècle, que débute l´épopée des Vaudois. Un riche marchand Pierre Valdo, outré de la magnificence du clergé, donne ses biens aux pauvres et part sur les chemins se consacrer à la prédication de l´évangile. Il fait des disciples dans le Midi de la France, dans les Alpes, en Italie : le valdéisme est né.

Très vite, l´Eglise jette l´anathème sur les Vaudois, qui prônent la pauvreté, la modestie, le travail.... Ceux-ci forment une communauté éclatée. Trois grands groupes se dessinent : dans les Alpes, l´Italie du Sud et en Luberon. La communauté vaudoise du Luberon, peut-être présente dès l´origine du valdéisme est à coup sûr grossie par les flots d´immigrés piémontais et dauphinois qui, fuyant les persécutions, affluent à la fin du 15e et au début du 16 siècle. On les trouve surtout à Murs, Roquefure, Gignac, Joucas, Lourmarin, Cabrières d´Aigues, Mérindol, La Motte d´Aigues, St-Martin de la Brasque, Peypin d´Aigues et Villelaure.

L'inquisiteur à Apt

En 1530, l´évêque d´Apt, Jean Nicolaï, appelle à son secours l´inquisiteur Jean de Roma. Celui-ci traque depuis deux ans déjà Vaudois et Luthériens. Il a une réputation plus terrible encore que son confrère Jean de Montaigne, dont le passage à Apt en 1514 s´était soldé par l´emprisonnement de 154 hérétiques...

L´historien Gabriel Audisio, spécialiste incontesté des Vaudois, a publié le texte d´un procès que Jean de Roma fit à un prêtre vaudois, un " barbe " comme ils se nommaient. On ignore l´issue du procès, mais quand on sait que Jean de Roma s´était fait une spécialité de chausser ses prisonniers avec des souliers remplis d´huile, et de mettre le feu dessous, on peut légitimement avoir quelque inquiétude pour le pauvre barbe ! Et Jean de Roma instruisit plus de 150 procès durant les 4 ans qu´il passa à Apt...

Le feu aux poudres

En 1532, un incident mit le feu aux poudres entre Catholiques et Vaudois. Des soldats catholiques importunent de jeunes Vaudoises, les pères de celles-ci s´interposent : ils sont emprisonnés. Un véritable commando de Vaudois, sous la conduite d´Eustache Maron, les délivre avant de prendre le maquis.

Le Parlement de Provence lance alors contre les Vaudois un avis d´expulsion, et d´arrestation contre 450 réputés les plus dangereux. Les Vaudois sont de plus en plus nombreux à prendre le maquis.

Après diverses péripéties plus ou moins sanglantes, en 1540, le Parlement prend un nouvel arrêt : il ordonne que soient brûlés sur le bûcher les Vaudois de Mérindol, et le village rasé. Après quelques revirements, le Roi de France, François Ier, accepte l´arrêt des Provençaux. Adjoint au Parlement de Provence, le baron Meynier d´Oppède prend la tête de la répression. Avec lui, 6.000 hommes se préparent à la curée, une soldatesque avide de vols, de viols et de tuerie.

Le massacre

 

 

 

 

 

Devant la colonne en marche, les Vaudois s´enfuient. En vain. Le 16 avril 1644 commence le massacre. Loin de s´en tenir au seul village de Mérindol, les soldats s´en prennent à tout ce qui se trouve sur leur passage, sans trop regarder à la religion.

En vallée d´Aygues, Cabrières, la Motte, Peypin et Saint-Martin-de-la-Brasque sont tour à tour pillés et incendiés. Dans les bois, la chasse à l´homme s´organise. On tue, on viole, on torture ; des prisonniers sont pris pour être envoyés aux galères.

Le 17 avril, 140 maisons de Lourmarin sont brûlées. Mérindol, déserté par ses habitants depuis belle lurette, est incendié. On traque les Vaudois dans les montagnes : plusieurs centaines sont rattrapés, violés et abattus.

Après avoir " purifié de l´hérésie " le sud du Luberon, les troupes passent au nord. De nouveaux soldats se joignent à eux. Ils sont 7.000 maintenant, à faire le siège de Cabrières d´Avignon, près de Gordes. Dans le village, 6 à 700 Vaudois se retranchent. La cause est entendue d´avance. Après une journée de résistance acharnée, les chefs de famille vaudois négocient leur reddition, espérant sauver femmes et enfants.
En vain : le 21 avril, les assiégeants entrent dans le village. Ils en ressortent quelques heures plus tard en laissant derrière eux un enfer.

Après que les chefs de famille ont été isolés pour être traduits en justice, on choisi 18 personnes au hasard, qu´on exécute sommairement. Mais cela ne suffit pas aux soldats, ivres de fureur. On donne donc le signal du pillage. Les femmes et les enfants, rassemblés dans l´église, sont violés, torturés et tués. On précipite certains d´entre eux du haut du clocher. D´autres femmes sont brûlées vives, empalées... Puis le village est incendié et les rares fuyards poursuivis, rattrapés et massacrés.

Des milliers de morts

 

 

 

 

 

Après Cabrières, Lacoste est la cible des soldats. Mais le seigneur de Lacoste est parent de Maynier d´Oppède : le village sera épargné. Maynier d´Oppède fait alors boucler le Luberon pour traquer les Vaudois en fuite, et interdit à quiconque de leur prêter assistance. Pendant des jours et des jours, la curée va se poursuivre. Nobles et notables locaux ne seront pas les derniers à y prendre part...

Combien de Vaudois périrent durant ces journées ? Des milliers sans doute. La valdéisme du Luberon ne s´en relèvera pas. Ceux qui n'ont pas été exterminés se sont enfuis, vers les Alpes et l´Italie.

Une association, une route historique, perpétuent aujourd´hui le souvenir de cette communauté discrète et martyre. Et l´on voit encore dans la campagne, au détour d´une haie, quelque tombeau éloigné de tout cimetière : rare privilège qu´ont parfois aujourd´hui encore les descendants des Vaudois, de se faire enterrer sur leur terre, une terre abreuvée de la sueur et du sang de leurs ancêtres.

Texte rédigé par Hugues Bonnetain

Bibliographie
Gabriel Audisio : le barbe et l´inquisiteur, Edisud.
Guy-Jean Arché : le massacre des Vaudois du Luberon, éd. Curandera
Gabriel Audisio : Les Vaudois, Hachette

 

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