La 5ème séance du club du Livre s’est tenue le vendredi 5 mars 2010. L’hiver finissant, les températures seront désormais plus clémentes et la lumière du jour plus vivifiante. Dès lors nous pourront reprendre nos réunions à compter de 20h00 dans la grande salle du presbytère.
Lors de cette réunion, l’Association Diseurs d’Archives est venue nous présenter ses activités et projets de lectures en public. Une conférence "l'huile et l'olivier" par Line Gibert a déjà été organisée à La Tour d’Aigues le 27 mars. Beau concept qui allie l’histoire « sociale » des villages a une narration administrative vivante, à l’exemple de l’expérience menée par Jacqueline Ursch, Directrice des Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence :
« Les archives à voix haute »
Rencontrer, toucher d’autres publics, c’est l’expérience menée depuis 1999 en Haute-Provence, la
Lecture d’archives à voix haute, qui a commencé à se répandre dans d’autres départements, des villes
et même jusqu’en Guyane où elle rencontre forcément, beaucoup de succès.
Dire les archives, c’est rendre vivant le document d’archives, accessible à tous sans les premières
difficultés de l’apprentissage de la lecture des textes anciens ; c’est aussi retrouver le charme et la
saveur des mots surannés, redonner des couleurs à l’encre passée et au papier jauni. C’est donner
à comprendre une société à un moment précis de son histoire.
« Les Diseurs d’archives »
Les Diseurs d’archives constituent une équipe composée de comédiens professionnels, d’un
professeur de lettres et de l’archiviste. A géométrie variable, l’équipe accueille ponctuellement
d’autres partenaires, des stagiaires en archives, des élèves du cours d’art dramatique, des
musiciens, d’autres comédiens… Intermittents du spectacle ou vacataires occasionnels, ils sont
rémunérés pour leurs prestations. Les diseurs lisent presque toujours à partir des textes
manuscrits originaux (du moins leur reproduction) plutôt que leur transcription imprimée. C’est
un conditionnement de lecture, disent-ils, un parfum suggestif, une invite à trouver la voix, sinon du texte, du moins de l’époque.
Notre club ne manquera pas de saluer chacune de leurs interventions dans la région.
LIVRES PRESENTES au cours de cette soirée:
Nos membres ont pu lire :
Les Demoiselles de Provence De Patrick de Carolis. Editions Plon 2005;
433 pages. 21 €
Rèsumé présenté par Arlette Poirel :
La Provence du XIIIe siècle, pays de troubadours, est une terre très disputée. Mais à force de courage et de ténacité, Raimon Bérenger V en a fait un comté souverain. Son épouse, la séduisante Béatrice de Savoie, lui a donné quatre filles : Marguerite, Eléonore, Sancie et Béatrice, bercées par le chant des cigales. Leur beauté, leur éducation et leur vertu vont assurer à ces demoiselles les plus hautes destinées : par alliances, elles vont régner sur quatre des royaumes les plus convoités d’Europe. Malgré les ors et les fastes des cours royales elles vivront au rythme des guerres et des croisades qui ont déchiré leur temps. Leur destin respectif et leurs secrets les conduiront de la Provence à l’Angleterre en passant par la vallée du Rhin, Aigues-Mortes ou Naples, et même en Orient, de Tunis à la Terre Sainte…
Avis :
Livre captivant, dense, présentant au travail d’un récit romancé de nombreux manques et imprécisions historiques. Patrick de Carolis qui se dit fier d’être né à Arles, semble trouver plaisir à renouer avec l’histoire locale. Cependant le journaliste de l’émission " Des racines et des ailes ", connu pour avoir coécrit avec Bernadette Chirac « la Conversation » semble avoir « oublié » de citer certaines de ses sources dont l’ouvrage écrit par Thyde Monnier, auteur du roman « La ferme des quatre reines » paru aussi chez Plon en 1963.
Pour plus d’infos : Voir l’étude comparative effectuée par Jean-Yves Royer sur le site :
http://laicite.free.fr/doc/demoiselles2provence.pdf
Le plagiat est passible de poursuites et de bien des déceptions…. Si tel était le cas, ce livre de Patrick de Carolis serait à oublier.
La reine impénitente, Jeanne de Naples. De Marguerite Vivoli. Editions Cheminements 2005. 268 pages. 20,00 €
Résumé d’Annie Bouffet-Collard
Roman historique fort documenté et irréprochable qui permet de découvrir la vie de la célèbre Jeanne de Naples, connue en Provence sous le nom de La Reine Jeanne. Elle naquit vers 1326. Fille aînée du duc Charles de Calabre, fils héritier du roi Robert Ier de Sicile-Anjou, et de sa seconde épouse Marie de Valois, fille du prince capétien Charles III de Valois et nièce du roi de France Philippe IV le Bel, elle devint très tôt orpheline. La disparition prématurée de son père fait de Jeanne l'héritière de son aïeul. Lorsque ce même grand-père, le roi Robert, meurt en janvier 1344, Jeanne hérite du royaume de Naples. Mal préparée à une telle charge et afin de la libérer de la tutelle pontificale, son grand-père avait mis en place un conseil de régence avec la reine Sancia son épouse, le vice-chancelier Philippe de Cabassolle évêque de Cavaillon et le grand sénéchal de Provence Fillipo di Sanginetto. Elevée à la cour royale napolitaine, Jeanne vivra une enfance dorée et outrancièrement gâtée. Cette éducation ne la prépara pas à assurer une charge monarchique. Aussi tout au long d'un règne qui durera trente-neuf ans, elle gouverna d'une manière irresponsable. Elle se maria quatre fois. Une particularité qui contribua à sa notoriété. Dans les derniers temps de son existence, elle affronta Charles III de Duras, son neveu par alliance, qui lui disputa la royauté. Ce grand féodal napolitain finit par l'emporter en la faisant assassiner.
Question-Réponse: Si son nom est bien connu des provençaux, la vie de la reine Jeanne Ier de Naples, reste encore pleine de mystères; Pourquoi la figure historique de Jeanne reste t-elle attachée à la Provence ?
En réalité native de Naples, Jeanne n’arriva en Provence, via Marseille, qu’à 22 ans, le 20 janvier 1348. Elle y reçut un accueil chaleureux. Son action en faveur de la ville phocéenne la rendit très populaire. Elle jura d'observer les privilèges de la ville et reçut le serment de fidélité de ses habitants. En signant des lettres patentes qui unissaient la ville haute et la ville basse, elle en assurait l'unité administrative. Tandis qu’à Aix-en-Provence les barons de Provence lui manifestèrent clairement leur hostilité. Elle s’engagea alors sous serment à ne rien aliéner de la Provence et à réserver tous les emplois du Comté aux seuls provençaux. Elle atteindra Avignon le 15 mars. C’est là le but ultime de son voyage avec trois objectifs : Rencontrer le Pape Clément VI afin d’obtenir une dispense pour son mariage avec Louis de Tarente, recevoir l'absolution pour être disculpée du meurtre de son précédent mari André de Hongrie et de préparer la reconquête de son royaume. Le pape accordera les dispenses de parenté, nommera une commission pour examiner les accusations de participation à l'assassinat et en profitera pour lui acheter la ville d'Avignon pour 80 000 florins, ce qui sépara la cité papale de la Provence durant de longs siècles. Un mois après son retour à Naples, Jeanne violait ses promesses, créant de nombreuses haines et beaucoup de discordes au sein de la cour. Elle mourra assassinée étouffée sous des oreillers en 1382 à Muro Lucano. Elle ne revint jamais en Provence. Sa mort ouvrit une guerre de succession en Provence (1382-1386), dite guerre de l'Union d'Aix entre les partisans de Charles Duras et ceux de Louis Ier d'Anjou ; elle eut pour conséquences l'installation de la deuxième maison d'Anjou sur le comté de Provence et la dédition de Nice à la Savoie.
Les Ruines de la Future Maison d’Hélène Dassavray. Editeur: A Plus d’un Titre. Collection A Charge 2008 ; 118 pages, 12,50 €.
Petit livre original présenté par Marie-Antoinette Vayssettes.
L’auteure : Marie Ferreux a écrit son premier roman sous la plume d’Hélène Dassavray, sorte d’autobiographie quelque peu romancée.
L'histoire est celle d’une famille particulière ; elle se passe en Provence. Marie a habité Cucuron puis la Bastidonne. Elle a fondé à Pertuis le café littéraire Hakuna Matata. Aura également travaillé durant plusieurs années à la Librairie Mot à Mot qui en a d’ailleurs recommandé la lecture. Vous pouvez lire les poèmes d’Hélène Dassavray et suivre son actualité en allant sur son blog : http://helenedassavray.canalblog.com/archives/lecteurs/index.html
Résumé : Confession-dialogue qu'entretient cette femme avec un homme, par la pensée, une lettre ou après une nuit d'amour. Le lecteur devient un témoin indiscret et complice. A ce compagnon possible, elle lui conte son passé et cette transition vers un futur qu'elle espère. Sa vie est un parcours particulier. Avec sa famille, ses hommes et ses copines, ils forment tout un microcosme en marge des grandes routes bien tracées. Un môme qui s’appelle Tronche à bisous et des potes « déguisés en gardes du corps ». Voyage dans un autre monde, une autre façon de vivre, dans la fraîcheur d’un esprit ouvert, avec de la douceur mais aussi beaucoup de douleur.
Style : Marie-Antoinette reconnait n’avoir pas aimé le style de l’écriture, pas assez académique. Néanmoins elle a souhaité retenir ce témoignage de femme, de jeunes ayant choisi de venir vivre autrement dans le Sud. Est-ce par idéal ou tout simplement par un non choix ? Les mots et expressions, comme Cakou pour un frimeur ou le crone pour le crédit avec une succession de con … amènent le récit à la portée d’un public jeune moins exigent sur la subtilité stylistique. On y découvre aussi bien le rêve que les désillusions de ceux et celles qui vivent en marge de la société de consommation (tout en reconnaissant profiter du système des allocations et parfois de la vente de drogue) à l’exemple de certains amis de l’auteure, post-soixante-huitards, babas cool, zozos … confrontés à la réalité de l’éducation de leurs enfants, aux exigences de la vie, financièrement difficile, où l’alcool, le shit, permettent de supporter le temps qui passe, la solitude.
A retenir : Peu de récit publié à ce jour évoque l’accomplissement ou les désenchantements d’une telle existence. Certains seront devenus des bobos (Bohême-Bourgeois) d’autres comme Marie ou Hélène auront posé leurs bagages pour regarder le passé avec générosité.
Prochaine réunion : vendredi 9 avril 2010 à 20h00
Au Presbytère.
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