Soirèe lectures fèvrier 2010

Soirée/lectures de février 2010

 

     COMPTE-RENDU REUNION DU CLUB DU LIVRE

       5 février 2010

     Association du Patrimoine Littéraire et Culturel de Grambois en Provence


  Philippe Calmon membre du club du livre nous a présenté lesuperbe livre de croquis de   voyages du grand navigateur et écrivain Titouan Lamazou.


Femmes du Monde de Titouan Lamazou.

Editions Gallimard Loisirs 352 pages. 39 €

A retenir pour sélection finale




Auteur: Titouan Lamazou est né en 1955 à Casablanca. Il se destine très tôt au métier d'artiste. Déçu par l'enseignement des Beaux-arts, il embarque à 17 ans pour un tour du monde en bateau. Son but : réaliser un carnet de voyage. Mais, de fil en aiguille, l'artiste prend goût au monde de la voile et entame une carrière de navigateur aux côtés des plus grands: Yvon Fauconnier puis Eric Tabarly. En 1990, il remporte la première édition du Vendée Globe, première course autour du monde en solitaire sans escale.

Ce succès est suivi par la victoire en premier monocoque dans la route du Rhum la même année. Titouan Lamazou est sacré Champion du Monde de course au large pour la période 1986-1990. En 1991, avec Florence Arthaud, il fonde le Trophée Jules Verne. En 1993, il met fin à sa carrière professionnelle et se consacre exclusivement au dessin. Passionné de voyages, il parcourt le Globe, pinceau à la main, observe et dessine le quotidien des individus qu'il rencontre. Ses périples font l'objet de nombreux ouvrages et d'expositions. En 2002, le peintre-voyageur s'attèle à un nouveau projet : « Femmes du Monde ». Convaincu que la destinée des femmes à travers le monde reflète les évolutions de nos sociétés, il sillonne la planète à la rencontre de ces témoins qu'il dessine et photographie. Il rapporte de ce voyage 200 portraits de femmes.

Titouan Lamazou , artiste de l'Unesco pour la paix. L'UNESCO a trouvé l'écho de ses valeurs dans la dimension humaniste et la diversité culturelle qui caractérisent cette démarche. Ce grand projet artistique, dans ses multiples dimensions, participe ainsi aux efforts de dialogue des civilisations pour l'établissement de l'Egalité en général et de l'égalité des sexes en particulier


Le sujet expliqué par l'auteur:

Durant vingt ans, j'ai sillonné la planète de port en port. Lorsque j'ai mis un terme à ma vie de navigateur professionnel, j'ai poursuivi cette itinérance selon un mode plus "terrestre" et culturel. Cette existence vagabonde m'a révélé à quel point les rencontres avec chaque individu à travers le monde m'importaient plus que la traversée des nations et de leurs frontières. J'ai constaté également que les personnes qui m'ont toujours le mieux inspiré lors de mes pérégrinations étaient des muses féminines...

C'est ainsi qu'en 2002 j'effectuais un voyage exploratoire dans la orne de l'Afrique pour valider un projet auquel je songeais depuis longtemps: un ouvrage consacré au monde en général à travers des portraits de femmes en particulier. Au retour de ce premier voyage, je prenais conscience que ce projet dépassait par son ampleur tous les travaux que j'avais menés jusque-là. De la ministre à la paysanne, la destinée des femmes est aujourd'hui beaucoup plus représentative de l'évolution de nos sociétés que celle des hommes qui les dirigent depuis la nuit des temps. J'ai depuis visité quinze zones du monde parmi les cinq continents, pour témoigner à la fois de l'uniformité des préoccupations communes à l'humanité et de l'infinie et merveilleuse diversité dans laquelle celles-ci les expriment... au féminin."

Avis personnel:

Ce livre est magnifique sur le plan artistique. On aurait pu s'attendre, en l'achetant, à contempler la beauté féminine déclinée sur tous les continents, beauté physique s'entend. Les premières pages écrites par Titouan Lamazou ramènent à la réalité. Réalité qu'il a vécue depuis son très jeune âge, puisqu'il se présente comme un nomade sans racines ancrées quelque part. Pourtant, il est blanc, européen et nanti dans notre monde actuel. C'est un grand voyageur, qui est intéressé par les êtres vivants, en dehors de toute notion d'états et de confessions. Il s'aperçoit que la réalité est toute autre, faite de frontières, de séparationet d'opposition entre les peuples, les pays, les tribus, où 80% de l'humanité est interdite de migration. Il voit une humanité divisée, dont l'homme sort privilégié et vainqueur en comparaison des femmes. Même dans nos sociétés, l'homme et la femme se retrouvent souvent comme deux étrangers. Devant ce constat, Titouan Lamazou se déclare plus attiré par l'histoire des femmes que celle des hommes.

Et le lecteur commence un tour du monde d'histoires de femmes, qui vivent dans un monde fait par les hommes et pour les hommes. Ce sont toujours des destins bouleversants de ces femmes, qui malgré les mauvais traitements, se battent bien plus que les hommes, pour défendre leurs congénères. Pourtant, ce n'est pas un livre violent ou triste. Il en ressort une formidable beauté de ces femmes, à la fois intérieure et extérieure. C'est un livre poignant, émouvant,

optimiste quant à la capacité des femmes à changer le monde actuel. C'est un livre merveilleux sur les femmes et qui, à mon sens, mériterait une attention toute particulière dans notre sélection du prix 2010. C'est un livre qui parle très bien des femmes et le fait que ce soit un homme qui l'ait écrit donne encore plus d'optimisme à ce qu'un jour les hommes et les femmes se retrouvent plus unis.


 

 


                    

      

 

 

   Mon Enfant de Berlin Par Anne Wiazemsky

 Editeur Gallimard , Collection Blanche 256 pages. 17.5 €


 

Dans Mon enfant de Berlin, Anne Wiazemsky (petite-fille de e évoque la rencontre de ses parents en 1945 dans un Berlin, ville en ruine, de l'après-guerre. Le roman s'ouvre sur Claire, en 1944, elle a vingt-sept ans, elle est ambulancière à la Croix-Rouge française à Béziers. Claire est à la recherche de l'amour sa rencontre avec Patrice à Béziers n'a pas abouti. Elle sillonne ainsi le Sud de la France où elle passe brièvement par Marseille. Mais c'est à Berlin, qu'elle rencontrera son grand amour. Tous les opposes, il faut dire qu'un mode les sépare l'un est français issue d'une famille catholique, l'autre est russe orthodoxe. Claire et Wia sont heureux, ils respirent le bonheur, une grande reconnaissance d'être en vie avec un grand V. "Claire côtoie chaque jour le destin tragique de ces milliers d'êtres humains. " La personne avec qui elle pense être heureuse c'est Wia. Il travaille pour un organisme des personnes déplacées du côté des alliées français immédiatement après guerre.

- Histoire, la grande Histoire, comment est le monde après guerre, les prémices de la guerre froide. La fin de la guerre mais le début d'autres conflits.
- Deux oppositions entre le monde catholique Mauriac et le monde russe les Wiasemski, les apatrides ses russes qui ont quitté leur pays, fuir au moment de la Révolution, très bien rapporté, magnifiquement par Olga .

Avis de notre amie Yvonne Carle: ce roman dédié à l'amour vaut la peine d'être lu pour l'évanescence du style et l'observation, sans complaisance, du sentiment amoureux.               

 

 

                                  LA POSTERITE DU SOLEIL, de Marcel Camus

      Editions Gallimard, Collection Blanche. Prix : 22,50 €

     Commentaire de Marie-Antoinette Vayssettes et de l'éditeur

 

 

 

 

La Postérité du soleil est née de l'amitié qui lia après la Libération Albert Camus et René Char. La correspondance des deux écrivains fait plusieurs fois allusion à ce projet de « livre sur le Vaucluse » - cette chère terre du Midi, baignée par « la lumière de vérité » où prit source la poésie de Char -, qui serait la trace fidèle de leur fraternité. Ils en escomptaient une « joie durable ». Mais le livre ne put paraître du vivant de Camus, bien que le manuscrit en fût prêt au début des années 1950, après que Char y eut apporté son « luttant et respirant » poème d'ouverture. Les fragments poétiques de Camus y accompagnaient et transfiguraient les photographies d'Henriette Grindat (1923-1986), artiste suisse amie de plusieurs écrivains français et romands, venue rencontrer Char à L'Isle-sur-la-Sorgue, dans le but de donner un visage à « cette arrière pays qui est à l'image du nôtre, invisible à autrui » (Char). Hélène a depuis exposé ses tirages dans de nombreux pays. Dernièrement une rétrospective de son travail fut organisé à la Maison René Char à Isle sur la Sorgue.

La mort tragique de Camus vint redonner vie à ce projet. Char fit qu'il vît enfin le jour et rendît ainsi hommage à son ami disparu, reprenant ça et là son texte et le faisant suivre de quelques souvenirs. Le galeriste et éditeur suisse Edwin Engleberts en donna en 1965 l'édition originale, monumental ouvrage de bibliophilie contemporaine tiré à 120 exemplaires. Cette publication à titre partiellement posthume conférait à l'œuvre commune sa valeur testimoniale. Car la « postérité du soleil », c'était bien sûr la trace laissée par le souvenir lumineux d'une amitié, comme l'avaient envisagé les deux auteurs ; c'était aussi, au-delà de l'attachement commun à une même terre, le point de rencontre de la pensée de Char et de Camus, cette idée que, le soleil disparu, la lumière est encore possible et l'espoir, malgré la vie éteinte : « Demain, oui, dans cette vallée heureuse, nous trouverons l'audace de mourir contents ! » (Camus). Hommes et paysages, révélés par la photographie et l'écriture, révélaient à leur tour à Char ces moments de grâce de son passé récent.

Et qu'était-ce enfin que la photographie, sinon la postérité même du soleil, la fixation précaire mais salutaire d'un éblouissement ? « Comment montrer, écrivait Char dans son poème d'ouverture, sans les trahir les choses simples, données entre le crépuscule et le ciel ? Par la vertu de la vie obstinée, dans la boucle du Temps artiste, entre la mort et la beauté. ». Hélène, quant à elle, s'est suicidée à la suite du décès de son époux. La solitude lui était devenue insupportable.

Cette réédition en grand format permet de découvrir un texte oublié d'Albert Camus, relevant d'une écriture poétique et fragmentaire peu courante sous sa plume.

 

 

 

 

 


                                             Livre présenté par notre amie Andrée Bouffard                                          

             Le Roman de Marie Bashkirtseff, de Raoul Mille.

             Editions Albin Michel, 372 pages. 2004. Prix : 19,80 €

            

            Paru en 2008 en Livre de Poche



 

 

Résumé: Elle a la fraîcheur de ses vingt ans et l'impétuosité de l'artiste : exilée à Nice, Marie a gardé de sa Russie natale la sensibilité exacerbée, la mélancolie, et une intense envie de vivre. Avec fièvre, elle peint, elle sculpte. Elle s'enthousiasme pour des hommes de tous bords, littéraires, artistiques et politiques. La «vierge slave » se rêve entre les bras de Guy de Maupassant, viveur sceptique et désespéré. À rebours de toutes les conventions, Marie Bashkirtseff va vivre sa vie comme on vit un roman. Mais elle n'aura pas le temps de l'écrire, emportée à l'âge de vingt-quatre ans par la phtisie.

L'Auteur: Né à Paris, Raoul Mille s'établit à l'âge de seize ans dans le pays niçois qu'il ne quittera plus, pas plus que dans ses œuvres. Romancier, journaliste à Nice Matin, chroniqueur radio, il participe au festival du livre de Nice dès sa création et fournit une œuvre littéraire couronnée par de nombreux prix Les Amants du paradis, prix Interallié 1987, Le paradis des tempêtes prix Baie-des-Anges 1997.

Commentaires : Malgré ses origines Russes, l'artiste multiple que fut Marie Bashkirtseff a véritablement noué un attachement avec le sud de la France. Niçoise d'adoption, la ville lui offrit la possibilité de transcrire un univers et une époque au travers de son journal et ses lettres qui lui valurent une renommée extraordinaire à la fin du XIXe siècle. Surtout le journal qu'elle a tenu dès l'âge de quatorze ans. Il existe pourtant bel et bien un « roman de Marie Bashkirtseff », celui de sa vie, caractérisée par un désir de gloire et une soif de vivre qui demeuraient alors, selon Hugo von Hofmannsthal (l'un de ses admirateurs), sans équivalent. Theodor Adorno l'a surnommée la « sainte patronne de la décadence », en référence à la séduction qu'elle a exercée auprès des écrivains fin-de-siècle ; elle s'est aussi vu appeler « l'éphémère Moussia » en raison de la tuberculose qui a abrégé son existence. Le livre de Raoul Mille, superbement écrit, est complet sans être lourd. Il propose une synthèse savoureuse de la biographie de Marie Bashkirtseff, tel, en tout cas, que son journal (dont Raoul Mille a fait une lecture intelligente) nous permet d'en juger. Nous sont racontés ses amours déçues, des chimères de l'adolescence jusqu'aux désillusions de la « vierge slave » ; l'adulation par une famille, les Bashkirtseff-Babanine, dont la réputation douteuse bloquait l'accès à la bonne société niçoise ; les cours de peinture à l'académie Julian et les expositions au Salon ; les difficultés d'être une femme indépendante à la fin du XIXe siècle (Marie, se moquant des convenances, lisait Émile Zola et Ernest Renan, et assistait aux réunions du Droit des femmes, mouvement suffragiste présidé par la féministe Hubertine Auclert). Raoul Mille retrace aussi le flirt épistolaire de Marie avec Guy de Maupassant et le grignotement du corps par la maladie, qui avait déjà coûté à la jeune fille sa belle voix de rossignol. Le roman de Marie Bashkirtseff vaut comme portrait inspiré d'une personnalité flamboyante et comme évocation de la vie française sous la Troisième République. Mais l'apport le plus précieux du livre sera à coup sûr d'aider à sortir de l'oubli une femme exceptionnelle, au sujet de laquelle trop peu d'ouvrages récents ont été consacrés depuis l'excellent Portrait sans retouches de Colette Cosnier en 1985.

A retenir pour sélection finale



       

        La Nuit de l'Amandier


       de Françoise Bourdon, Editions Terres de France. 2009. 352 pages. 19,50 €


       Quatrième roman provençal de Françoise Bourdon, au cœur des plantations d'amandiers et dans le tumulte de la vie de trois superbes héroïnes.


       Présentation de l'ouvrage par Michèle Petit.




Résumé du livre

Au cœur des champs d'amandiers, ces arbres millénaires, Françoise Bourdon signe une ode éternelle à la Provence.
Haute Provence, 1890. Anna, jeune amandière, se croyait promise à Martin, héritier d'un riche producteur aptésien de fruits confits. Mais, sans explication, celui-ci épouse une fille de notables. Seule sa passion pour les amandiers donne désormais un sens à la vie d'Anna. Lorsqu'elle rencontre Armand, pâtissier amoureux des traditions provençales, la jeune femme réalise un vieux rêve et fabrique le meilleur des nougats. Elle croit avoir retrouvé le bonheur. Mais la guerre et une lettre de Martin bouleversent sa vie de femme, de mère, d'épouse...

Commentaire: Bien que caricaturale, l'histoire n'en est pas moins instructive et dépeint avec des mots simples, l'histoire d'une région, de vies austères sous la dépendance d'un climat et d'une agriculture source de richesse mais aussi de malheurs. Une autre époque qu'il ne faut oublier.

L'Auteure: Françoise Bourdon est née dans les Ardennes. Dès l'enfance, elle a le goût de l'écriture et rédige son premier roman à l'âge de dix ans. Professeur de droit et d'économie, elle décide, après dix-sept ans d'enseignement, de se consacrer exclusivement à sa passion de l'écriture. Journaliste depuis 1993, elle publie régulièrement des nouvelles dans plusieurs revues. Dans ses romans, Françoise Bourdon s'inspire de sa région natale et de la Provence où elle vit désormais. Ses ouvrages ont reçu un grand succès public.

Les autres livres de Françoise Bourdon:

La forge au Loup
La cour aux paons
Le Bois de lune
Le Maître ardoisier
Le vent de l'aube
Les chemins de garance
Les Tisserands de la Licorne
La Figuière en héritage



 

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